Lens : la mère du lycéen amputé annonce déposer plainte
Lens : la mère du lycéen amputé va déposer plainte

La mère du lycéen de 15 ans amputé d’une main après l’explosion d’une grenade policière, lundi 5 octobre à Lens, a annoncé son intention de déposer plainte. Interrogée par BFMTV ce mercredi 7 octobre, elle a exprimé sa colère et son incompréhension, déclarant notamment : « On lui a volé sa vie. C’est terminé, il n’a plus de main. C’est un gamin de 15 ans, pourquoi on s’en prend comme ça à des enfants ? »

Des versions contradictoires sur les circonstances

L’adolescent participait à une manifestation près du lycée Auguste-Béhal de Lens lorsque sa main a été arrachée. Les circonstances exactes restent floues. Selon des témoignages de lycéens, le projectile aurait atteint directement la main du jeune homme. La mère corrobore cette version, affirmant que son fils n’a pas ramassé la grenade à terre. Elle a ajouté : « Beaucoup de mensonges circulent, mon fils n’a pas ramassé la grenade à terre […] Il a été touché avec une arme de guerre, ce n’est pas normal qu’on utilise ça face à des jeunes. »

À l’inverse, des sources policières affirment que l’adolescent aurait ramassé la grenade avec l’intention de « la relancer sur les CRS et elle lui a explosé dans la main ». Une vidéo filmée par un témoin, consultée par Franceinfo, montre la grenade atterrir aux pieds des adolescents, puis le jeune homme se pencher quelques secondes avant l’explosion. Cette séquence ne permet pas de déterminer s’il a touché l’engin, mais elle contredit le récit des témoins selon lequel le projectile aurait atterri directement sur sa main.

Une enquête de l’IGPN et la suspension des grenades assourdissantes

Une enquête de l’IGPN est en cours pour établir si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire. En attendant, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mercredi la suspension de l’usage des grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen. Sur RTL, il a précisé : « Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire. Uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s’est passé. »

La mère du lycéen a déploré de son côté : « Il a fallu que mon fils perde sa main pour qu’on agisse, ce n’est pas normal […] Son avenir est fichu. » Elle a également annoncé son intention de déposer plainte, sans préciser à ce stade les chefs de poursuite envisagés.