Félix Bingui, surnommé « le Chat », le chef incontesté du clan Yoda spécialisé dans le narcotrafic, est jugé à partir de ce lundi aux côtés de 19 autres personnes devant le tribunal correctionnel de Marseille. Ce procès marque un tournant dans la lutte contre le trafic de stupéfiants dans la cité phocéenne.
Un graffiti devenu symbole
Sur le mur du quartier de la Paternelle, vaste enchevêtrement de petits immeubles colorés du XIVe arrondissement de Marseille, un graffiti devenu célèbre a longtemps trôné. Maître Yoda, le personnage de la saga « Star Wars », y était surmonté des mots « La frappe à Yoda ». En août 2021, quand les enquêteurs de l’antenne Ofast de Marseille débutent leurs investigations sur un « très lucratif trafic de stupéfiants alimentant la cité de la Paternelle », Yoda n’est qu’un clan parmi d’autres dans la ville. Les années qui ont suivi changent forcément la nature du procès qui s’ouvre ce lundi dans la cité phocéenne.
Une guerre meurtrière
Depuis 2022, la guerre entre le clan Yoda et la DZ Mafia a charrié plus d’une cinquantaine de morts et Félix Bingui, alias « le Chat », est devenu un narcotrafiquant de premier plan. Son arrestation au Maroc puis son extradition avaient même été saluées par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur. Ce conflit a transformé la Paternelle en épicentre de la violence liée au trafic de drogue à Marseille.
Un procès très attendu
Le procès, qui doit durer plusieurs semaines, examine le rôle de Félix Bingui et de ses co-prévenus dans l'organisation et la gestion d'un trafic de stupéfiants d'envergure. Les charges retenues incluent le trafic de drogue, l'association de malfaiteurs et le blanchiment d'argent. Les avocats de la défense contestent certaines preuves, tandis que les parties civiles espèrent que la justice mettra un terme à l'impunité des trafiquants.
Ce jugement intervient dans un contexte de lutte accrue contre le narcotrafic à Marseille, où les autorités multiplient les opérations pour démanteler les réseaux criminels. L'affaire du clan Yoda est considérée comme un test pour la détermination de l'État à combattre ce fléau.



