Le témoignage poignant de Laetitia Fourcade sur ses années de souffrance
La comédienne Laetitia Fourcade, connue pour ses rôles dans "Sous le soleil", "Camping Paradis", "Plus belle la vie" et "Demain nous appartient", a livré un témoignage bouleversant dans le podcast de "Ressenti Media" ce lundi 20 avril. L'actrice de 48 ans a révélé avoir longtemps lutté contre des addictions sévères à la drogue, à l'alcool et aux médicaments, une descente aux enfers intimement liée aux agressions sexuelles qu'elle a subies durant sa jeunesse.
Une spirale infernale débutant à l'adolescence
Laetitia Fourcade décrit une consommation d'alcool "festive" dès l'adolescence, qui très rapidement a dérapé. "Au bout de quelques verres, ce n'est plus festif du tout", confie-t-elle. À seulement 16 ans, elle expérimente son premier ecstasy, une expérience traumatisante : "Je pense que je vais mourir, je ne me contrôle plus du tout, j'ai mon cœur qui s'accélère". Quelques années plus tard, elle découvre la cocaïne, d'abord dans le cadre artistique où cela semblait "normal", puis de manière incontrôlable.
La consommation devient quotidienne et envahissante : "Quand tu passes des soirées, la drogue est dans des petits sachets d'un gramme, donc il m'en reste toujours un peu et je le cache chez moi". Elle explique le cercle vicieux : "Très vite l'alcool t'enivre, et pour te redresser c'est la cocaïne. Et comme je sais que j'en ai dans mon armoire à pharmacie, j'en prends dans les toilettes, juste pour revenir un peu normal". S'ajoute ensuite une dépendance aux médicaments : "Je prends des cachets, je ne ressens plus rien, je bois de l'alcool, je ne ressens plus rien".
Les agressions sexuelles : le déclencheur caché
Derrière ces addictions se cache un traumatisme profond : à 17 ans, Laetitia Fourcade a été victime d'agressions sexuelles répétées dans une agence où elle travaillait. Le patron, nommé Claude et aujourd'hui décédé, "nous a fait subir à moi et à d'autres, des choses qu'on n'aurait pas dû subir". Elle décrit avec courage les sévices : "C'est un homme qui nous embrassait sans qu'on le veuille, qui utilisait ses doigts pour entrer dans des parties intimes, qui nous forçait à mettre sa main sur son sexe et à le masturber dans son petit bureau".
La terreur était institutionnalisée : "Il y avait son bureau au milieu de l'open space, et quand une fille rentrait dans son bureau, on savait qu'elle allait y passer. C'était son tour. Moi j'y allais, je savais que ce n'était pas bien, mais je ne pouvais pas ne pas y aller". Ces agressions ont duré environ trois ans, à raison de plusieurs par mois. Malgré l'immense souffrance, elle n'a jamais porté plainte, par peur d'être jugée responsable.
Un long chemin vers la reconstruction
Laetitia Fourcade insiste sur le combat qu'elle a mené : "Toute cette détresse, cette tristesse et ces addictions ont été un combat que j'ai gagné, mais ça a été des années de travail pour moi". Aujourd'hui, elle affirme être libérée : "C'est quelque chose que je ne touche plus depuis des années". Son témoignage, partagé sur Instagram et dans le podcast, vise à briser le silence autour des violences sexuelles et des addictions, offrant un message d'espoir à celles et ceux qui traversent des épreuves similaires.



