Âgé de 45 ans, Jonathan Andic est aujourd'hui soupçonné d'avoir tué son père, Isak Andic, le PDG de Mango, décédé après avoir chuté dans un ravin lors d'une randonnée près de Barcelone en décembre 2024. Cette affaire, qui déchaîne les passions en Espagne, met en lumière le parcours tumultueux d'un héritier d'empire textile devenu principal suspect.
Les prémices d'un héritier
Né en 1981 à Barcelone, Jonathan Andic grandit au sein de la communauté juive séfarade. Il est envoyé dans des établissements prestigieux : le pensionnat Beau Soleil en Suisse, une université américaine pour une licence en communication audiovisuelle, puis l'école de commerce IESE pour un EMBA spécialisé en comptabilité et finance.
En 2005, à 24 ans, il rejoint le groupe familial Mango, fondé par son père et son oncle. Il débute dans la conception de collections et la gestion d'équipe. En 2007, il lance Mango Man, la première ligne masculine du groupe, et supervise son déploiement international.
Une ascension rapide puis une éviction
En 2012, Isak Andic commence à confier la direction à son fils, le faisant entrer au conseil d'administration et le nommant vice-président adjoint. Mais après le départ du PDG Enric Casi en 2015, l'entreprise sombre. Les pertes et le manque de vision de Jonathan obligent son père à revenir, évinçant son fils de la direction. Jonathan est relégué au poste de vice-président exécutif.
En 2018, Isak Andic embauche Toni Ruiz comme directeur financier, qui redresse l'entreprise. En 2020, le fondateur confie les rênes à Ruiz, lui offrant 5 % des actions. Jonathan et ses sœurs se partagent les 95 % restants.
Tensions familiales et obsession pour l'argent
Selon les enquêteurs, les relations entre Jonathan et son père se dégradent après son éviction. Jonathan ressent « de la haine, du ressentiment et des pensées suicidaires » et tient son père responsable. Une « manipulation émotionnelle » s'installe pour atteindre des objectifs financiers.
L'analyse de leurs messages WhatsApp révèle une « obsession pour l'argent » de Jonathan, allant jusqu'à demander un héritage de son vivant. Isak Andic se sent « contraint d'accepter » pour maintenir une relation. En mai 2024, Jonathan apprend que son père veut modifier son testament et créer une fondation caritative. Un « changement notable » s'opère alors : Jonathan cherche à se réconcilier et propose une randonnée à Montserrat, d'où son père ne reviendra pas.
Un conflit successoral
Après la mort d'Isak Andic, un nouveau conflit éclate entre ses enfants et sa seconde épouse, Estefanía Knuth. Celle-ci conteste le testament, estimant n'avoir reçu que 5 millions sur les 4,5 milliards d'euros. En décembre 2025, un accord préliminaire de 27 millions d'euros est trouvé.
Jonathan Andic reste sous contrôle judiciaire, principal suspect d'un homicide qui pourrait lui valoir une lourde peine. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de la mort du PDG de Mango.



