Inondations à Marmande : les commerçants sinistrés face à des pertes colossales
Inondations à Marmande : les commerçants sinistrés comptent leurs pertes

Les inondations de la Garonne plongent les commerçants de Marmande dans le désarroi

Les débordements de la Garonne, survenus à partir du jeudi 12 février, continuent de laisser des traces profondes dans le paysage commercial marmandais. Les commerçants touchés par ces crues exceptionnelles tentent péniblement de se relever, confrontés à des pertes financières substantielles et à des dégâts matériels considérables.

Des pertes financières qui s'accumulent

Au salon Franck Coiffure, situé au pied de la Filhole et particulièrement exposé aux montées des eaux, le constat est amer. « On est dégoûtés ! Avec cinq jours de fermeture, on a perdu 6 000 à 7 000 euros de chiffre d'affaires et on a mis nos cinq employés au chômage technique », déplore Franck Devecchi, le gérant. Près d'une semaine après la fermeture forcée de son établissement, le professionnel ne quitte plus les prévisions de Vigicrues sur son téléphone, guettant le moindre signe d'amélioration.

Des dégâts matériels importants

La situation est d'autant plus difficile que les dégâts matériels s'ajoutent aux pertes financières. « On a eu 30 centimètres d'eau dans le salon, c'est dix de plus qu'en 2021 », précise Franck Devecchi. Avec son associé Cédric Pereira, ils ont procédé ce mercredi au nettoyage de leur local, un travail fastidieux rendu nécessaire par l'infiltration des eaux. « On a bouché tous les interstices avec de la mousse expansive, mais une grande partie du placo des murs est à refaire et les plaintes sont foutues », regrette Cédric.

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L'inquiétude face aux assurances

Au-delà des difficultés immédiates, l'inquiétude se porte également sur le volet assurantiel. « On paye celle des murs, celle pour l'entreprise, on a du mal à s'y retrouver », confie Franck Devecchi, soulignant la complexité des démarches à entreprendre. Malgré ces préoccupations, le commerçant tient à saluer la solidarité dont ont fait preuve clients et confrères. « Si j'avais accepté l'aide de tous nos clients qui nous l'ont proposée, on ne pourrait même pas tous rentrer dans le salon », témoigne-t-il avec émotion.

Un sentiment d'abandon face aux autorités

Les deux hommes expriment également leur mécontentement vis-à-vis de la municipalité. « Je comprends qu'ils ne puissent pas faire grand-chose, mais on ne ressent aucun soutien », déplore Franck Devecchi. Malgré tout, le gérant tente de garder une certaine forme d'optimisme : « Il y a pire, nous, on a eu 30 cm, mais certains se sont pris presque 1 mètre 30 ». Le duo espérait rouvrir le salon jeudi matin, après un grand ménage rendu nécessaire par la boue qui avait séché et qu'il a fallu réasperger d'eau pour la faire partir.

Des situations contrastées selon les commerces

Un peu plus haut dans la ville, d'autres commerces semblent avoir été épargnés par le pire. Pierre Lagardère, libraire chez Libellule, confie ne pas s'inquiéter outre mesure de la situation. « Nous n'avons eu qu'un jour de retard, et des petites coupures. On a été franchement épargnés », constate-t-il. La clientèle, timide les premiers jours après la tempête, a paradoxalement retrouvé son chemin vers le 14 février « pour aller voir la crue », permettant au commerce de profiter de cette affluence inattendue.

Des préoccupations pour l'avenir

Marielle Denaules, présidente de l'association de commerçants de Marmande, s'inquiète quant à elle des impacts à long terme de ces intempéries. « Avec ces crues excessivement longues, on va avoir besoin de l'aide des habitants, or ils sont déjà impactés personnellement », souligne-t-elle. La période commerciale importante de la Saint-Valentin a été particulièrement touchée, avec une baisse d'activité estimée à 60%.

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La présidente estime que l'impact de ces inondations devrait se faire ressentir pendant plusieurs mois encore. « Quarante ans s'étaient écoulés entre les inondations de 1981 et 2021, seulement cinq ans séparent l'événement actuel et le précédent (2021). L'exceptionnel va devenir quelque chose de normal, il va falloir trouver des solutions pour désenclaver Marmande et les zones inondables », prévient-elle avec inquiétude. La situation actuelle, handicapante malgré les actions mises en place, lui donne une impression de régression. « On ne peut rien faire si ce n'est qu'attendre que ça passe », conclut-elle, résumant le sentiment d'impuissance qui prévaut chez de nombreux commerçants sinistrés.