Incendie mortel à Montpellier : soixante précaires sans abir après la destruction du centre L'Avitarelle
Un incendie dévastateur a ravagé le centre d'hébergement L'Avitarelle à Montpellier, dans le quartier des Prés-d'Arènes, ce dimanche 8 février. Le sinistre a coûté la vie à un pensionnaire âgé de 82 ans et a privé une soixantaine de personnes en grande précarité de leur toit, les laissant à la rue pour une durée estimée à au moins trois mois.
Une catastrophe humaine et logistique
Le feu s'est propagé rapidement dans la structure, endommageant gravement les réseaux et rendant le bâtiment inhabitable. Les résidents, qui avaient enfin trouvé un logement stable, se retrouvent de nouveau sans abri, confrontés à une situation dramatique. "On avait enfin un logement et il a pris feu. C'est une catastrophe", confie l'un d'eux, exprimant le choc et l'incertitude qui règnent parmi les sinistrés.
Les personnes affectées ont été évacuées vers le gymnase Gambardella, où la Croix-Rouge a installé des tentes et des lits de camp pour un accueil d'urgence. Cependant, cet hébergement temporaire ne pourra pas se prolonger indéfiniment, car le gymnase n'est pas adapté à un séjour de longue durée.
Témoignages poignants et résilience
Les résidents partagent leur détresse et leurs craintes pour l'avenir. Vepkhvia, l'un des sinistrés, avoue : "Je suis en pleine dépression. Ce n'est pas de chance." Olivier, qui vivait au centre depuis six mois, souligne la réactivité du personnel mais ajoute : "Ce qui est le plus difficile est de savoir comment ça va se passer pour nous, nous sommes en grande précarité."
Malgré l'horreur, certains tentent de garder le moral avec humour, comme en témoigne cette remarque entendue dans le gymnase : "Comme on est logé dans un gymnase, on pourrait se mettre au sport." Adam, résident depuis presque un an, relativise : "Il faut garder le moral. C'est un nouveau coup dur, déjà que nous étions dans la précarité, ça n'arrange pas les affaires."
Une situation d'urgence prolongée
Les services de l'État sont à la recherche d'un lieu collectif pour accueillir les soixantaine de personnes sinistrées de manière plus pérenne. Une réunion est prévue ce mercredi 11 février pour trouver une solution, car l'accueil au gymnase Gambardella est limité dans le temps. Les résidents ont dû abandonner toutes leurs affaires sur place et ne peuvent pas y accéder pour le moment, ce qui complique encore leur quotidien.
En attendant, des initiatives solidaires se mettent en place. L'Association humanitaire de Montpellier et la cuisine centrale fournissent les repas, tandis que les bénévoles de la Croix-Rouge distribuent café, encas et soins. Les dons de vêtements chauds pour hommes, ainsi que de jeux et livres, sont encouragés pour soutenir les personnes dans le besoin.
Perspectives incertaines et appel à la solidarité
L'incendie a non seulement causé un drame humain avec la perte d'une vie, mais il a aussi exacerbé la vulnérabilité d'une population déjà fragile. La recherche d'un relogement collectif est devenue une priorité absolue, alors que les travaux de réparation pourraient prendre plusieurs mois.
Cet événement tragique met en lumière les défis de l'hébergement d'urgence et la nécessité de solutions durables pour les personnes en situation de précarité à Montpellier. La solidarité locale reste cruciale pour aider les sinistrés à traverser cette épreuve.