L'incendie dévastateur du bar Constellation à Crans-Montana
Plus d'un mois après l'incendie tragique du bar Constellation à Crans-Montana, qui a causé la mort de 40 personnes et blessé 115 autres début janvier, les investigations judiciaires se poursuivent activement. Les enquêteurs se concentrent particulièrement sur l'embrasement soudain de la mousse acoustique qui recouvrait le plafond de l'établissement, un élément clé dans la propagation rapide des flammes.
La version contestée du gérant Jacques Moretti
Jacques Moretti, le gérant du bar Constellation, a déclaré aux autorités avoir installé cette mousse isolante après l'avoir "testée" sans y détecter de danger particulier. Il affirme avoir acheté ce produit en 2015 dans un magasin de bricolage Hornbach situé à Riddes, dans le Valais. Lors de son audition du 20 janvier, Moretti a maintenu sa version des faits, expliquant que les vendeurs du magasin lui "ont conseillé de prendre cette mousse-là" à cette époque.
Les contradictions révélées par l'enquête
Problème majeur : l'enseigne Hornbach assure ne pas avoir commercialisé ce type de produit en 2015. Selon leurs déclarations, la vente de plaques de mousse acoustique à relief n'aurait débuté qu'en mars 2016. Le magasin précise n'avoir aucune trace d'un tel achat dans ses archives, bien que l'absence de données nominatives puisse s'expliquer par un achat sans identification client. Cependant, l'inexistence du produit dans les rayons à l'époque fragilise considérablement la version présentée par le gérant.
Les caractéristiques dangereuses de la mousse
Hornbach a fourni des précisions techniques importantes concernant les mousses acoustiques qu'ils ont commercialisées ultérieurement. Ces produits, notamment les marques Noma Acoustic et Softpur, sont composés de polyuréthane, un matériau classé M4, c'est-à-dire "facilement inflammable". Ce type de mousse peut s'enflammer à partir d'environ 405°C, ce qui explique sa propagation rapide lors de l'incendie.
La situation judiciaire des gérants
Jacques Moretti et son épouse Jessica, entendus à trois reprises par les autorités, font l'objet d'une enquête pour plusieurs chefs d'accusation graves :
- Homicide par négligence
- Lésions corporelles par négligence
- Incendie par négligence
Jacques Moretti, initialement placé en détention provisoire début janvier, a depuis été libéré sous caution. L'enquête continue d'examiner minutieusement toutes les circonstances ayant conduit à cette tragédie, avec une attention particulière portée aux matériaux de construction utilisés dans l'établissement.



