Un différend alcoolisé dégénère en agression au couteau
Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné ce lundi 25 août un homme de 61 ans à huit mois de prison ferme pour avoir agressé ses deux colocataires à l'arme blanche. Les faits se sont déroulés le 20 août dernier dans un appartement du quartier de La Paillade, à Montpellier. Selon les éléments rapportés lors de l'audience, une vive dispute a éclaté entre les trois hommes après une soirée fortement arrosée.
Le motif de la querelle reste flou : le prévenu a évoqué un achat d'alcool et de cigarettes, mais aucun des protagonistes ne garde un souvenir précis de cette nuit sous l'emprise de l'alcool. Le président du tribunal a précisé que le couteau utilisé, trouvé plus tard par les policiers, avait une lame d'environ 20 centimètres. L'arme était dissimulée dans une poubelle, enveloppée dans du papier essuie-tout et encore tachée de sang.
Des blessures graves pour les victimes
Les deux victimes, également colocataires du prévenu, ont subi des blessures sérieuses. L'une d'elles présente une plaie à la main avec deux tendons sectionnés. L'autre a reçu plusieurs entailles au cou et à l'épaule. Lors de son interpellation, le sexagénaire portait un t-shirt taché de sang dans le dos. À la barre, le prévenu, originaire du Maroc et arrivé en France il y a dix ans, a nié les faits : "Je n'ai pas utilisé de couteau", a-t-il déclaré, avant d'avancer que les deux autres hommes se seraient blessés seuls. Il était assisté par un interprète durant l'audience.
Situation irrégulière et OQTF
L'homme est en situation irrégulière sur le territoire français. Il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis janvier 2022. Interrogé sur ses démarches, il a indiqué avoir tenté de régulariser sa situation mais "cela n'a servi à rien". Il a ajouté : "Je ne cherche pas les ennuis."
Les réquisitions et la décision du tribunal
La procureure de la République a requis huit mois de prison ferme, une interdiction du territoire français (ITF) ainsi que l'interdiction d'entrer en contact avec les victimes et de paraître à leur domicile. L'avocate de la partie civile a également demandé ces mesures de protection. De son côté, l'avocate de la défense a souligné la confusion des témoignages : "Les deux individus disent qu'ils ne se souviennent de rien. Se fonder sur ces déclarations me semble léger."
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Outre les huit mois de prison ferme, le prévenu écope d'une interdiction de porter une arme pendant cinq ans et d'une ITF de trois ans à l'issue de son incarcération. Il lui est également interdit de paraître au domicile des victimes et d'entrer en contact avec elles. Enfin, il devra verser un total de 3 500 euros aux deux parties civiles.



