Hérault : un deuxième mort après l'accident de Noël, le chauffard ivre réclame sa liberté
Hérault : un deuxième mort après l'accident de Noël, le chauffard ivre réclame sa liberté

Un drame familial qui s'aggrave dans l'Hérault

Le bilan de l'accident survenu le 26 décembre dernier dans la vallée de l'Hérault, près de Gignac, vient de s'alourdir tragiquement. Après le décès immédiat d'une mère de famille âgée de 68 ans, son fils de 39 ans est mort le 11 février des suites de ses blessures. Le frère de la victime, âgé de 37 ans, reste dans un état critique, son pronostic vital toujours engagé selon les informations judiciaires.

Les circonstances de l'accident

L'accident s'est produit vers 17 heures alors que la famille, originaire de Palaiseau dans l'Essonne, se promenait au bord des vignes. Gaël F., un Héraultais de 26 ans au chômage et électricien plaquiste de formation, a percuté les trois piétons avec sa Dacia Sandero après avoir effectué une embardée. Le conducteur avait passé l'après-midi au bar tabac de son village de Saint-André-de-Sangonis à consommer du rosé et des bières.

Le taux d'alcoolémie relevé après l'accident s'élevait à 1,88 gramme par litre de sang, bien au-dessus du seuil légal. Lors de l'audience à la cour d'appel de Montpellier, le chauffard a expliqué son geste par la présence d'un lièvre sur la route : "Vous dites qu'un lièvre a traversé la route, vous l'avez reconnu parce que votre père est chasseur, et que vous avez donné un coup de volant à gauche" a retracé la cour.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une fuite et des propos troublants

Après la collision, Gaël F. s'est approché des victimes. Un témoin a rapporté qu'il s'était dirigé vers la sexagénaire sans vie à terre en lui demandant : "Madame, ça va ? Si ça va, serrez-moi la main." Ses deux fils avaient quant à eux été projetés dans les vignes. Le conducteur a ensuite pris la fuite avant d'être interpellé par les gendarmes environ 1,5 kilomètre plus loin.

Particularité inquiétante : le jeune homme venait tout juste de récupérer son permis de conduire après avoir été contrôlé en état d'ivresse en juillet 2025. Il devait encore effectuer un stage de sensibilité routière au moment des faits.

La demande de remise en liberté controversée

Incarceré depuis presque deux mois, Gaël F. a comparu mardi 17 février devant la chambre d'instruction de la cour d'appel de Montpellier pour demander sa remise en liberté. Mis en examen pour "homicide routier" - un nouveau délit voté par le Parlement l'été dernier - avec les circonstances aggravantes de l'ivresse et de la fuite, il encourt jusqu'à dix ans de prison.

Lors de l'audience, l'accusé a déclaré : "Je suis désolé pour la famille que j'ai blessée, j'y pense tous les jours dans ma cellule, je suis le seul responsable, je veux dire que je regrette ce qu'il s'est passé."

Les arguments de la défense et du parquet

L'avocat général a demandé le maintien en détention, soulignant que "nous avons deux vies perdues et une vie en suspens avec de lourdes séquelles". Il a toutefois reconnu que le temps de l'instruction, estimé à environ un an, conduirait tôt ou tard à une remise en liberté, les faits n'étant pas qualifiés de criminels.

Me Guillaume Raymond, l'avocat de la défense, a plaidé pour une libération immédiate afin que son client puisse entamer des soins pour son addiction à l'alcool et ses traits dépressifs. "Il a pris conscience de son addiction" a soutenu l'avocat, évoquant "un vrai ancrage et une vraie famille qui le soutient". La défense propose un placement sous bracelet électronique chez un tiers, loin de l'Hérault.

La décision de la cour d'appel est attendue pour le 24 février. Cette affaire tragique met en lumière les conséquences dramatiques de la conduite en état d'ivresse et relance le débat sur les mesures de prévention et de suivi des conducteurs multirécidivistes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale