Violences conjugales : Happio condamné, son ex-compagne soulagée
Happio condamné pour violences, son ex-compagne soulagée

Le tribunal judiciaire de Créteil a condamné mercredi le hurdler Wilfried Happio à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Son ex-compagne, Hajar Hajjia Goncalves, a exprimé son soulagement, tout en regrettant que l'athlète n'ait pas reconnu les faits.

Une décision saluée par la plaignante

« On sait la difficulté d’amener ce genre d’affaire jusqu’au bout. Je suis contente que la justice ait su prendre la bonne décision le concernant. Il y a un arrière-goût amer dans le sens où il n’a pas reconnu les faits », a déclaré Hajar Hajjia Goncalves mercredi soir. L'athlète de 28 ans, qui a participé aux JO de Paris 2024 sous les couleurs de l'équipe de France, était jugé pour des violences que son ex-compagne avait relatées dans un article du Monde publié juste avant les Jeux, dans lequel elle décrivait avoir subi « un énorme coup de poing dans la tête ».

Wilfried Happio n'a reconnu que des faits de violence verbale, se présentant comme « le premier responsable » d'une « relation toxique » tombée dans une « spirale infernale ». Il a fermement rejeté les accusations de violences physiques.

Une peine de six mois avec sursis et des interdictions

Le tribunal a reconnu Wilfried Happio coupable des faits reprochés et l'a condamné à six mois d'emprisonnement intégralement assorti de sursis, ainsi qu'à 2.000 euros de dommages et intérêts à verser à la victime. Il lui est également interdit d'entrer en contact avec elle et d'approcher son domicile pendant deux ans. Le tribunal a toutefois accepté de ne pas inscrire cette condamnation au bulletin n°2 de son casier judiciaire, une demande de la défense visant à préserver sa carrière professionnelle, et ce malgré l'avis contraire du parquet qui avait requis douze mois de prison avec sursis simple sur une durée de cinq ans.

« Le tribunal a rendu une décision importante aujourd’hui, je pense qu’il a rappelé une vérité essentielle : aucune violence, qu’elle soit physique ou psychologique, ne peut être tolérée au sein du couple », a souligné l'avocate de la plaignante, Me Lina Belkora. Les faits dénoncés par Hajar Hajjia Goncalves se seraient déroulés entre 2018 et 2019, alors qu'elle était en couple avec le hurdler. Elle avait d'abord témoigné dans Le Monde le 17 juillet 2024, photos à l'appui.

Une carrière marquée par les polémiques

Cette affaire s'ajoute à d'autres procédures. La Fédération française d'athlétisme (FFA) avait lancé une procédure disciplinaire interne après le témoignage de son ex-compagne, et avait également saisi la justice. Malgré cela, la FFA avait maintenu sa sélection pour les JO de Paris, s'appuyant sur la présomption d'innocence. Il avait été éliminé en demi-finales. Wilfried Happio avait également été visé par une plainte pour agression sexuelle pour des faits présumés commis à l'Insep, classée sans suite en juin 2023. Six mois plus tôt, une enquête interne de l'Insep n'avait pas abouti à une sanction.

En 2025, le hurdler a été suspendu dix-huit mois pour manquements à ses obligations antidopage par l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU). Cette sanction a pris fin le 29 juillet, mais Wilfried Happio a annoncé mercredi face au juge qu'il renonçait à reprendre sa carrière d'athlète de haut niveau. « La temporalité de la publication de l’article du Monde, juste avant les JO de Paris, a été dévastatrice pour moi. Ça m’a totalement détruit et dégoûté du haut niveau, j’ai fait une compétition cet été, sans entraînement, mais j’arrête l’athlétisme. Courir dans un stade où on est mal reçu, ça n’amène pas la performance », a-t-il déclaré.