Le tribunal judiciaire de Nîmes a interdit, jeudi 24 septembre, à douze salariés grévistes de l’entrepôt Carrefour Supply Chain de bloquer à nouveau l’accès au site, sous peine d’une astreinte de 1 000 € par infraction constatée. Cette décision fait suite à un référé « heure à heure » intenté par l’entreprise, qui dénonçait une entrave aux libertés du travail et de circulation, une désorganisation des approvisionnements des magasins du sud-est ainsi qu’un trouble à l’ordre public.
Un mouvement social depuis le 16 septembre
Depuis le 16 septembre, un mouvement de grève a été initié dans les locaux de la SAS Carrefour Supply Chain, spécialisée dans le stockage et le conditionnement de denrées non périssables du distributeur Carrefour. L’entreprise, basée au cœur de la ZAC Mitra à Saint-Gilles, compte environ 410 salariés. Une partie d’entre eux dénonce notamment leurs cadences de travail, la multiplication des accidents sur le site, ainsi que la stagnation de leur prime de productivité.
Pour faire entendre leurs revendications, les grévistes avaient instauré un barrage filtrant des camions poids lourds, en procédant au brûlage de pneumatiques. Selon l’entreprise, l’approvisionnement des magasins Carrefour du territoire s’en est retrouvé significativement impacté durant plusieurs jours.
L’audience et la décision du juge des référés
Mercredi 23 septembre, douze des salariés grévistes ont comparu au tribunal judiciaire de Nîmes à la demande de la SAS Supply Chain. L’entreprise, dans le cadre d’un référé dit « heure à heure », avait fait valoir une entrave aux libertés du travail et de circulation, une désorganisation des approvisionnements des magasins du sud-est ainsi qu’un trouble à l’ordre public.
Jeudi 24 septembre, le tribunal n’a finalement prononcé qu’une astreinte de 1 000 € à l’encontre des salariés poursuivis, en l’absence de « trouble manifestement illicite », les salariés ayant procédé à la levée du piquet de grève spontanément avant l’audience. « Le juge des référés interdit simplement à nos douze collègues de bloquer à nouveau l’accès au site. Et a assorti cette interdiction de 1 000 € d’amende par infraction constatée », a fait savoir une salariée de Carrefour Supply Chain, soulagée.
La solidarité des salariés et les regrets du CSE
Durant toute la journée de jeudi 24 septembre, les autres salariés de l’entreprise ont affiché ouvertement mais de manière pacifique leur solidarité envers leurs collègues. Pauline Granier, élue au CSE de l’entreprise, a exprimé son soulagement, tout en regrettant que « face à des revendications légitimes », leur employeur ait choisi la méthode forte : « celle de l’action judiciaire ».
La décision du tribunal met un terme à la procédure d’urgence, mais le mouvement social pourrait se poursuivre, les revendications des salariés n’ayant pas été pleinement résolues. L’entreprise, de son côté, a obtenu l’interdiction de tout nouveau blocage, ce qui devrait permettre de rétablir un approvisionnement normal des magasins Carrefour du territoire.