L'association Colosse aux pieds d'argile a animé une réunion de sensibilisation à la détection des violences sexuelles sur mineurs, mardi 22 septembre 2026, à l'espace Terre de Siagne de Saint-Cézaire-sur-Siagne, près de Grasse. Une seconde réunion, destinée notamment aux grands-parents, est programmée le 6 octobre 2026 à 9 h 30 au même endroit.
Le maire témoigne de son vécu pour ouvrir la séance
La soirée a débuté par le témoignage poignant du maire de Saint-Cézaire-sur-Siagne, Christian Zedet, qui a confié avoir été victime de viol à deux reprises dans sa jeunesse. « Je suis ravi d'accueillir cette réunion, c'est quelque chose qui me tient à cœur parce que j'ai été victime de viol à deux reprises quand j'étais jeune. Je vais aller vite, parce que je ne peux pas trop en parler ce soir. Il y a des moments où on n'est pas très bien, car on n'est jamais vraiment guéri », a-t-il déclaré.
Le maire a souligné l'importance d'une détection précoce : « Cela permet à l'enfant de parler, à la victime d'être condamnée, et donc il va pouvoir se reconstruire. J'aurais rêvé que mes parents puissent assister à la même sensibilisation que ce soir et arrivent à déceler ces signes. »
Des conseils pratiques pour les adultes encadrants
Guillaume Guidez, chargé de mission à l'association Colosse aux pieds d'argile, a dispensé des recommandations concrètes à destination des coachs, professeurs et autres adultes en contact avec des enfants. Il a notamment conseillé de privilégier le check pour saluer un enfant, de demander la permission avant tout contact physique, de ne jamais rester enfermé seul avec un jeune dans une pièce et de laisser la porte ouverte lors des entretiens individuels.
La réunion a également permis de faire un point sur les différentes infractions à caractère sexuel (corruption de mineur, exhibitionnisme, sextorsion, harcèlement) et de rappeler quelques chiffres clés : dans 90 à 95 % des cas, l'agresseur est un homme, et dans 94 % des cas, il s'agit d'un proche de la victime.
Les signaux d'alerte chez l'enfant et l'adolescent
Guillaume Guidez a détaillé les signaux d'alerte à surveiller. Chez un enfant de moins de 12 ans, il faut être attentif à une difficulté dans l'apprentissage, à une conduite hypersexualisée, à une phobie scolaire, à des migraines et des crampes abdominales, à une difficulté à partager les vestiaires, à une peur d'être vu dévêtu, à des difficultés à s'intégrer à des groupes ou encore au fait d'uriner ou de déféquer au lit.
Chez les adolescents, les signes peuvent inclure une sous-estimation de soi, des idées suicidaires, des migraines ou douleurs abdominales, des mensonges, des fugues, un comportement sexuel « dissolu » ou des conduites hypersexualisées, des troubles alimentaires, une consommation d'alcool ou de drogue, un comportement antisocial ou un échec scolaire.
Recueillir la parole et signaler les faits
L'adulte doit détecter ces comportements et être présent pour recueillir la parole de l'enfant. « Pour ce faire, il faut maîtriser ses émotions. Je sais, ce n'est pas facile, on est des êtres humains avant tout », a expliqué Guillaume Guidez. Il a recommandé de ne pas dramatiser, de ne pas minimiser, de féliciter l'enfant pour ses révélations, son courage et sa confiance, et de ne jamais mettre en doute sa parole. Il faut également lui rappeler qu'il n'est pas coupable mais bien victime.
« Il ne faut pas poser de questions ouvertes, il ne faut pas orienter le témoignage, précise le chargé de mission. Et il ne faut pas oublier qu'on n'est pas enquêteur, nous sommes là pour recevoir la parole », a-t-il insisté, soulignant qu'il ne s'agit pas de mener un interrogatoire.
Enfin, il est essentiel de signaler les faits, que ce soit à une autorité judiciaire (police, gendarmerie, procureur de la République), à la protection de l'enfance (le 119), ou à une autorité administrative, par e-mail à signal-sports@sports.gouv.fr dans un contexte sportif. Il est également possible de contacter directement l'association Colosse aux pieds d'argile ou une autre association de protection de l'enfance. Une prochaine réunion est prévue le 6 octobre à 9 h 30 à l'espace Terre de Siagne, spécialement destinée aux grands-parents.



