Le tribunal correctionnel de Nîmes a rendu son verdict ce mercredi 14 octobre. Un père de famille, résidant à Bernis, a été condamné à deux ans de prison, dont un an de sursis probatoire, pour des faits de violence et de menace avec une arme. Le tribunal a également ordonné le retrait de l'autorité parentale de cet homme, jugé pour avoir menacé son épouse et sa fille avec un pistolet.
Une photo intime à l'origine du drame familial
Les faits remontent au mois de juin dernier. La fille du couple, âgée de 16 ans, reçoit une photo d'un quinquagénaire nu, un ami de la famille qui travaille également avec ses parents. La jeune fille se confie alors à ses parents, mais son père choisit de prendre la défense de son ami, qui affirme que l'envoi de cette photo était une erreur. « Il m'a embobiné », a déclaré le prévenu lors de l'audience.
Cette absence de soutien a provoqué de vives tensions au sein du couple. L'épouse reproche à son mari de ne pas agir. Le prévenu, qui consomme régulièrement de l'alcool, se met alors à insulter de manière répétée son épouse et sa fille. La situation a dégénéré lors de la soirée du 3 octobre dernier. Après une énième discussion tendue, le père de famille, alcoolisé, monte dans la chambre et se munit d'un pistolet. « On ne savait pas ce qu'il allait faire avec », a expliqué l'épouse. Elle s'interpose avec sa fille, mais le prévenu les aurait menacées et insultées. « Il m'a dit : Sors de là, sinon t'en prends une », a rapporté la mère de famille.
Le choc de la benjamine et les poursuites
Cette scène a particulièrement choqué la benjamine de la famille, âgée de 7 ans, qui a uriné sur elle. « Vous vous rendez compte de l'impact sur votre jeune fille en construction ? », a interpellé la procureure. Le père de famille est poursuivi pour violence et violence avec menace d'une arme. Lors de son interpellation, il a également donné un coup de tête à un gendarme, ce qui lui vaut une poursuite supplémentaire pour violence sur un militaire de la gendarmerie. « Un coup qu'il a donné en arrière. Il n'y a aucun élément qui permet de certifier que le coup était volontaire », a nuancé son avocat, Me Carmelo Vialette.
À la barre, la jeune fille a confié que son père lui avait dit qu'elle était « une allumeuse », « que j'avais provoqué son ami ». L'homme a nuancé ces propos : « Je voulais dire qu'elle aurait dû m'en parler dès la première photo qu'elle a reçue. » En effet, l'ami de la famille aurait déjà envoyé un cliché similaire auparavant, mais la jeune fille pensait à une erreur. « Mais quand vous avez su pour la seconde photo, vous n'avez rien fait pour autant », a rétorqué la procureure, sidérée par la position du père. L'homme a concédé. Une enquête a par ailleurs été ouverte pour corruption de mineure concernant le quinquagénaire.
Un passé judiciaire préoccupant
Lors de l'audience, le prévenu a affirmé avoir pris conscience de son comportement pendant sa garde à vue. « J'ai pris rendez-vous pour mon addiction », a-t-il expliqué. Mais son passé judiciaire inquiète le tribunal. Le président a évoqué une condamnation antérieure pour corruption de mineur de plus de 15 ans, pour laquelle il avait été condamné à trois ans de prison, dont un an de sursis. « On essaie de noircir le tableau de mon client », a protesté Me Vialette, rappelant que cette condamnation remonte à 17 ans.
La procureure, qui a insisté sur le courage de la jeune fille d'avoir dénoncé ces faits, a requis trois ans de prison, dont deux ans de sursis probatoire. Elle a également demandé l'interdiction de contact avec les victimes et le retrait de l'autorité parentale. « Il va falloir qu'une distance soit prise », a-t-elle insisté. À l'issue du délibéré, le père de famille a été condamné à deux ans de prison, dont un an de sursis probatoire. La peine ferme peut être aménagée sous bracelet électronique. L'autorité parentale lui a également été retirée.