Gard : 12 ans de réclusion pour violences et viols sur sa compagne
Gard : 12 ans de réclusion pour violences et viols

La cour criminelle du Gard a condamné, lundi 7 octobre 2026, un homme à 12 ans de réclusion criminelle pour des violences habituelles et des viols commis sur sa compagne à Bagnols-sur-Cèze. La magistrate Maryline Aristide a également prononcé le retrait de l'autorité parentale de l'accusé, âgé et défendu par Me Frédéric Ortega.

Une femme fragilisée par un parcours marqué par les abus

La victime, une quadragénaire placée sous curatelle renforcée, avait déjà été abusée sexuellement par un proche de sa famille durant son enfance. Placée ensuite dans une famille d'accueil maltraitante, elle espérait trouver le bonheur en rencontrant Régis, qu'elle considérait comme "sa bouée de secours", un homme beaucoup plus âgé qu'elle.

Son espoir s'est rapidement dissipé après leur installation à Bagnols-sur-Cèze. L'homme lui hurlait dessus, la menaçait de mort, la frappait et la violait, selon l'accusation. Ce n'est qu'une fois installée avec lui qu'elle a trouvé la force de le chasser de son domicile et de déposer plainte, d'abord pour des violences, puis pour des faits de viols.

Des viols contestés, des violences reconnues

Devant la cour criminelle du Gard, Régis a reconnu les violences mais a fermement nié les viols. Son avocat, Me Frédéric Ortega, a plaidé l'absence de preuves : "Monsieur avait des problèmes rénaux et urinaires qui l'empêchaient de tout acte sexuel. Oui cette femme a eu une enfance abominable. Mais elle a supporté cet homme pendant 24 ans et attend 2024 pour déposer plainte. Quant aux viols présumés, il est impossible de les dater. La chambre d'instruction elle-même n'arrive pas à retenir une date. Et aujourd'hui, il existe un doute."

Me Justine Fages, avocate de la victime, a décrit une femme isolée et contrôlée : "Les faits sont banalisés. Il était toujours derrière elle, ne voulait pas qu'elle travaille. La vie de cette femme qui était plus fragile que lui était devenue un enfer et nous laisse sans voix. Il l'avait isolée de sa famille. Et lorsque sa fille cadette a été placée, elle a eu cette force de briser le silence. Les viols ? C'était un quart d'heure de douleurs. Elle se disait qu'elle lui appartenait, que c'était normal. Et lui a profité d'elle quand elle était dans un état second." Elle a également rappelé à l'accusé que "le devoir conjugal, cela n'existe pas."

Une centaine de relations sexuelles contraintes dénoncées

L'avocat général Bertrand Baboulenne a requis 12 ans de réclusion criminelle, soulignant le nombre de violences dénoncées : "La victime avait dénoncé une centaine de relations sexuelles où elle avait été contrainte. Et elle décrit trois scènes de viols dont l'un en 2023. Elle vous dit qu'elle est frappée et confie que ce jour-là, elle pleurait. Et aujourd'hui encore, celui-ci est incapable de se remettre en cause."

La cour criminelle, présidée par Maryline Aristide, a suivi ces réquisitions en condamnant l'accusé à 12 ans de réclusion criminelle et en prononçant le retrait de l'autorité parentale. Cette décision marque la fin d'un parcours judiciaire initié par l'appel de l'avocate de la victime, qui avait obtenu que l'affaire soit jugée devant la cour criminelle du Gard.