Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu lundi dans son collège d'Aubagne, blessant le principal et une enseignante avant d'être désarmé. Les victimes sont hors de danger, selon les autorités. L'attaque s'est produite vers 09h25 dans l'enceinte du collège Joseph-Lakanal, situé près de Marseille. Le pronostic vital des victimes n'est pas engagé.
Une attaque ciblée contre l'équipe éducative
Selon le préfet du département Jacques Witkowski, « le suspect, pour une raison qu'on ne connaît pas, a tiré sur le proviseur qui a pris une gerbe de plombs de chasse dans les cuisses, le bas du dos ». Il a ensuite « tiré une deuxième fois sur une professeure qui prend un plomb dans la cuisse », a-t-il précisé à l'AFP. Le conseiller principal d'éducation (CPE) a désarmé le tireur dans le couloir. L'arme était dissimulée dans un étui de guitare.
L'élève de troisième « n'est pas connu pour des faits de délinquance, de radicalisation », assure le préfet. Le bilan aurait pu être plus lourd : l'adolescent a tiré au moins à quatre reprises, d'abord au premier étage sur les victimes, puis « il a continué sa progression en montant au deuxième étage », a déclaré à la presse Audrey Jouaneton, procureure adjointe de Marseille.
Des tirs dans une salle de classe
Au deuxième étage, il a tiré « en direction, en tout cas à côté d'un professeur et en direction du sol », puis dans une salle de classe où se trouvaient des élèves et un professeur. « Un impact au niveau du tableau a été identifié par les enquêteurs », a révélé la magistrate. Le président Emmanuel Macron a salué le « sang-froid et la réaction exemplaire de l'équipe éducative » du collège « qui a permis d'éviter le pire ».
Sarah, élève de 3e, raconte à l'AFP qu'elle était en cours d'espagnol lorsque l'alarme a été déclenchée. « On est sorti en courant et on tombe sur lui. Il commence à tirer et il dit : +Je suis venu que pour les profs, pas pour les élèves. De toute façon, les profs font chier+ ». Elle le décrit comme « un élève perturbateur, qui avait beaucoup de rapports mais s'en fichait (...) il n'obéissait pas aux profs ». D'autres témoins parlent d'un élève qui « avait l'air calme ».
Enquête ouverte pour tentatives d'assassinat
« Toute une série d'hypothèses vont être exploitées (...) On nous a parlé peut-être de harcèlement (...). Tout ceci va être analysé et le mobile, à l'heure qu'il est, n'est pas encore établi », a averti la procureure adjointe. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d'assassinat ». Les ministres de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, sont arrivés sur place dans l'après-midi. Le chef d'établissement est âgé de 53 ans et l'enseignante de 37 ans, selon la mairie d'Aubagne.
Des parents d'élèves ont afflué devant l'établissement, en périphérie de la ville, le visage tendu pour récupérer leurs enfants, ont constaté des journalistes de l'AFP. Maryline, mère d'un élève de 5e, confie : « Elle m'a appelée en panique, elle m'a dit : +Il y a du sang partout, c'est un attentat+ ».
Des précédents dans les établissements scolaires
Plusieurs attaques commises par des élèves dans des établissements scolaires ont marqué le monde éducatif ces dernières années. Des mesures de renforcement des contrôles de sacs aux abords des établissements avaient été prises par le gouvernement. La question de la santé mentale des jeunes a été également mise en avant.
« L'équipe précédente du collège avait refusé la sécurisation de l'établissement. Le nouveau principal nous avait demandé de le faire », selon la présidente divers-droite du département (chargé des collèges) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal. Elle s'est engagée à « faire les sécurisations de la dizaine de collèges qui restent dans le département, que le chef d'établissement le veuille ou pas ». À Ancenis (Loire-Atlantique), une élève de seconde a été grièvement blessée lors d'une attaque au couteau dans un lycée en avril. À Sanary-sur-Mer (Var), une enseignante de collège a été poignardée par un élève en février. L'an dernier, des élèves ont commis des agressions mortelles sur une surveillante à Nogent (Haute-Marne) et une adolescente dans un lycée de Nantes.