Féminicide à Nice : le conjoint reconnaît les faits mais conteste l'intention
Féminicide à Nice : le conjoint reconnaît les faits

Un homme de 40 ans, de nationalité ukrainienne, a reconnu avoir donné la mort à sa conjointe, jeudi 9 octobre, dans un appartement de la Promenade des Anglais à Nice, mais il conteste avoir voulu la tuer. Le parquet a annoncé qu'il requerra son placement en détention provisoire à l'issue de sa garde à vue. Une information judiciaire pour « meurtre par conjoint » devrait être ouverte.

Un appel aux policiers et une victime introuvable

Jeudi, vers 13 heures, l'homme a lui-même contacté les services de police, leur indiquant qu'il venait de tuer sa femme. Arrivés sur place, les policiers ont découvert la victime grièvement blessée. Les gestes de réanimation pratiqués par les premiers intervenants, puis par le Samu, n'ont pas permis de la sauver.

La jeune femme, née en 1992 en Ukraine, se promenait sur la Prom' juste avant les faits. Elle venait de laisser son amie pour se rendre « quelques minutes » à son appartement. Selon les premiers examens médico-légaux, elle présentait « de très nombreuses blessures provoquées par une arme blanche au niveau du cou et de l'abdomen ». De « multiples lésions de défense » ont également été relevées sur ses bras, précise le communiqué signé par Maud Marty, procureure de la République adjointe. Selon nos informations, elle a été retrouvée aux pieds du couffin du bébé, gisant dans une mare de sang.

Deux enfants absents au moment des faits

Deux enfants vivaient au domicile avec les parents : une petite fille âgée de deux mois et un garçon de dix ans, issu d'une précédente union. Aucun des deux n'était présent au moment des faits. Le grand était à l'école quand sa maman a été tuée. Tous deux ont été immédiatement pris en charge et placés à la fondation Lenval, dans le cadre du protocole consacré aux mineurs victimes ou témoins d'homicide, mis en place avec l'Unité d'accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED).

Selon le parquet, le couple était installé en France depuis juillet 2023. Tous deux disposaient de documents de séjour au titre de la protection temporaire. Le conjoint a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête de flagrance pour meurtre sur conjoint, confiée au service local de police judiciaire de Nice.

Des antécédents inconnus et une information judiciaire à venir

Entendu par les enquêteurs, il a reconnu les faits tout en contestant l'intention homicide. Selon le parquet, il était « totalement inconnu de la justice et de la police sur le territoire français ». À l'issue de sa garde à vue, qui devrait intervenir samedi, une information judiciaire doit être ouverte pour « meurtre par conjoint ». Le parquet a requis son placement en détention provisoire.