Condamnations confirmées pour trois ex-rugbymen de Grenoble dans une affaire de viol
Dans la nuit de vendredi à samedi, la cour d'assises de la Charente a rendu son verdict en appel, confirmant les peines prononcées en première instance contre trois anciens rugbymen du club de Grenoble. Denis Coulson et Loïck Jammes écopent de 14 ans de réclusion criminelle, tandis que Rory Grice est condamné à 12 ans de prison. Ce jugement intervient neuf ans après les faits, survenus en 2017 à Bordeaux, et à l'issue d'un procès à huis clos tenu à Angoulême.
Un verdict maintenu après cinq heures de délibéré
La présidente de la cour a annoncé la décision aux premières heures de samedi, soulignant que "la cour et le jury ont considéré la gravité des faits, les circonstances des faits, l'absence d'évolution notable par rapport à la précédente décision". Les trois accusés, immobiles dans le box, ont ensuite échangé avec leurs avocats et proches, certains en larmes. La plaignante, absente au moment du verdict, a été décrite par ses avocats comme "effondrée" mais "extrêmement soulagée".
Réactions des avocats et annonce de pourvois en cassation
Les défenseurs des trois hommes ont immédiatement annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, a exprimé son abattement, qualifiant la sanction de "excessive et disproportionnée". Me Denis Dreyfus, représentant Loïck Jammes, a critiqué la procédure, affirmant que "si c'est comme ça qu'on conçoit l'appel, cela fait peur". De l'autre côté, Me Anne Cadiot-Feidt, avocate de la partie civile, a salué un procès "marathon mené de manière extrêmement rigoureuse", avec des peines "lourdes et non symboliques".
Les faits : une soirée alcoolisée aux conséquences tragiques
Le 12 mars 2017, une étudiante a quitté en pleurs un hôtel de Mérignac, près de Bordeaux, où l'équipe de Grenoble séjournait après un match de Top 14. Elle a déposé plainte, déclarant avoir rencontré des joueurs dans un bar, les avoir suivis en boîte de nuit où l'alcool coulait à flots, et s'être réveillée le lendemain matin, nue sur un lit avec une béquille dans le vagin, entourée d'hommes. Les accusés ont toujours soutenu qu'elle était consentante, s'appuyant sur une vidéo tournée lors de la soirée.
Contexte et autres condamnations
Les faits de viol en réunion sont passibles de 20 ans de réclusion. Deux autres joueurs, Chris Farrell et Dylan Hayes, qui avaient assisté à la scène sans intervenir, n'ont pas fait appel de leurs condamnations : quatre ans de prison dont deux avec sursis pour le premier, et deux ans avec sursis pour le second. Cette affaire rappelle d'autres cas similaires dans le monde du rugby, mettant en lumière des questions de violence et d'impunité dans le sport professionnel.



