Enquête après un passage à tabac en marge de la manif du 18 septembre
Enquête après un passage à tabac à Montpellier

Le jeudi 18 septembre, en début d'après-midi, un groupe d'individus vêtus de noir a violemment agressé plusieurs personnes attablées à la terrasse d'un café, place des Beaux-Arts à Montpellier. Dès le lendemain, le maire de la ville, Michaël Delafosse, a annoncé avoir saisi le procureur de la République, qualifiant les agresseurs de groupe "manifestement issu de l'ultra droite". Le parquet a confirmé l'ouverture d'une enquête.

Des faits d'une extrême gravité

Sur son compte Facebook, Michaël Delafosse a déclaré : "Un groupe d’individus, manifestement issu de l’ultra droite, a violemment agressé plusieurs personnes sur la place des Beaux-Arts. Ces faits d’une extrême gravité sont intolérables. En ma qualité de Maire de Montpellier, j’ai immédiatement saisi le procureur de la République en application de l’article 40 du Code de procédure pénale." Il a également adressé ses pensées aux victimes, grièvement blessées, et leur a témoigné son soutien indéfectible.

Le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc’h, a confirmé l'ouverture d'une enquête le mercredi 24 septembre. "Les investigations à venir doivent permettre d’identifier les auteurs et les circonstances des faits", a-t-il indiqué.

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Des images ultra-violentes

Sébastien Cote, adjoint au maire délégué à la sécurité, a visionné les images de vidéoprotection urbaine. Selon lui, elles corroborent les vidéos de témoins et les témoignages de riverains, révélant une scène d'une violence extrême. Il décrit notamment "un coup de pied en plein visage" porté à la principale victime, qui a été transportée aux urgences du CHU Lapeyronie. Cependant, ce mercredi 24 septembre, la police nationale n'avait encore enregistré aucune plainte en lien avec ces événements.

Un groupe organisé

Les vidéos montrent un groupe "très organisé". L'adjoint à la sécurité précise que les membres se donnaient pour consigne "ne courez pas" afin de ne pas attirer l'attention en quittant la place des Beaux-Arts. On entend également des cris de "Vive la France !" lorsque les individus s'éloignent.

Plus tôt dans la journée, les caméras de la ville avaient filmé ce groupe place de la Comédie, d'où il avait été exfiltré par la police vers 13 h 30, après un bref face-à-face tendu avec des manifestants. Avant l'agression des Beaux-Arts, les mis en cause avaient aussi été aperçus aux abords du lycée Joffre, s'en prenant à de jeunes manifestants.

Des lycéens pris à partie

"Le proviseur a vu arriver un groupe d’une dizaine ou une vingtaine d’individus en noir, extrêmement virulents, proférant des invectives et des propos sexistes. Il a fait rentrer les élèves présents sur la passerelle", raconte Sébastien Cote. Ces faits ont été rapportés lundi 22 septembre dans un communiqué de presse par le syndicat enseignant Snes-FSU du lycée Joffre.

L'adjoint au maire rappelle qu'en juin 2024, lors du Festival des fanfares dans le quartier des Beaux-Arts, "un groupe d’extrême droite avait semé la terreur". Il estime que la situation est en train de s'enkyster.

Réactions politiques

La députée Fanny Dombre-Coste et le sénateur Hussein Bourgi ont adressé un courrier au préfet de l'Hérault François-Xavier Lauch, qualifiant les agresseurs de "commando d'extrême droite". Ils évoquent les provocations, menaces et injures proférées à l'encontre des élèves du lycée Joffre, ainsi que l'émotion suscitée dans la ville et dans certaines familles. Ils interrogent le préfet sur l'organisation des forces de l'ordre face à ce groupe.

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