Un détenu de 28 ans, incarcéré à la maison d'arrêt de Nîmes, a été condamné jeudi 15 octobre à six ans de prison par le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, pour de multiples tentatives d'extorsion commises depuis sa cellule. Le jugement, rendu en son absence, prévoit également son maintien en détention. Il a refusé de comparaître, invoquant des problèmes de santé.
Un prévenu absent, jugé par défaut
Comme lors de la première audience, un mois plus tôt, le prévenu a refusé son extraction de sa cellule. Il a écrit qu'il "a mal au dos", qu'il "ne peut pas se lever", qu'il est "malade", a précisé Vincent Edel, le président de l'audience. Cette fois, l'affaire a été examinée au fond : "Une extraction de force n'a pas été autorisée" et s'est révélée "inutile", a poursuivi le juge, ajoutant que "la visioconférence ne peut pas se mettre en place dans un délai si bref".
Le procès s'est donc tenu sans le prévenu, qui purge déjà deux peines de sept ans de prison pour des faits d'extorsion et de proxénétisme. Son casier judiciaire compte 17 condamnations. Il est décrit comme célibataire et n'ayant jamais travaillé.
Des appels menaçants en série
En juillet et août, le détenu a menacé par téléphone ses victimes dans l'espoir d'obtenir de l'argent : 4 000 euros ici, 3 000 euros là, 1 950 euros ailleurs. Au total, environ 600 appels et messages ont été envoyés, selon les éléments rapportés par le président Edel. Les procédures ont été partagées entre Tarascon et Nîmes.
Le président a souligné que "ce sont toutes des tentatives" et a relevé des zones d'ombre : "Ce que l'on ne sait pas, c'est quels étaient ses complices s'il en avait, comment il a eu les contacts, comment il les a choisis." Lors de ses auditions, le mis en cause avait déclaré : "Si ça marchait, tant mieux ; si ça ne marchait pas, tant pis. C'est du bluff, c'est tout !"
Des réquisitions fermes et un jugement conforme
Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, a souligné que le prévenu "brille par son absence, mais il brille surtout pour son mode opératoire et les faits graves", évoquant des "propos particulièrement inquiétants et menaçants". Il a qualifié l'homme de "lâche" pour son refus d'affronter le regard des destinataires de ses appels, notant qu'il est "coutumier du fait". Il a requis de six à sept ans d'emprisonnement et un mandat de dépôt.
En défense, Me Euria Thomasian a indiqué n'avoir "pas d'éléments" et s'est limitée à des observations : "Il ne comparaît pas et c'est bien dommage. Ça ne me permet pas d'évaluer son degré d'évolution…" Elle a toutefois rappelé que "ce ne sont que des tentatives", tout en comprenant que "les parties civiles ont été terrifiées". Sur la peine requise, elle s'en est "remise au tribunal".
Les juges ont suivi les réquisitions du ministère public et la décision de leurs collègues de Tarascon, condamnant le prévenu à six ans de prison, avec maintien en détention. Une partie des faits commis cet été avait déjà donné lieu à une condamnation à six ans au palais de justice de Tarascon, où il avait également refusé de comparaître. Un autre procès est attendu à Nîmes en novembre ou début décembre.