L'opération de dépigeonnage par tir à la carabine prévue au centre commercial Agora de Callian a été stoppée par la gendarmerie de Fayence. Les forces de l'ordre ont constaté qu'aucun arrêté dédié n'avait été pris par le préfet ou le maire, rendant l'intervention illégale. Le maire de Callian, François Cavallier, a indiqué privilégier les solutions non létales, comme le pigeonnier contraceptif déjà installé dans le centre du village.
Une opération de régulation des pigeons annulée
Le centre commercial Agora de Callian avait fait appel à une société spécialisée dans le dépigeonnage par tir de carabine pour réguler la population de pigeons bisets. Cette méthode a suscité une vive émotion parmi les défenseurs de la cause animale, notamment l'association locale L'Arche de Sophie, qui a dénoncé une méthode jugée « d'une violence et d'une cruauté absolues ». Une manifestation pacifique devait se tenir sur place au moment de l'intervention.
Les associations Stéphane Lamart, Paz et L'Arche de Sophie ont fait valoir que d'autres solutions existent pour gérer les populations de pigeons en milieu urbain, comme l'installation de pigeonniers contraceptifs, déjà expérimentée dans le centre de Callian. Sophie, membre de l'association, déclarait avant l'opération : « Je ne demande pas que l'on ignore les problématiques liées aux populations de pigeons. Je demande simplement que l'on cesse de considérer la mort comme la réponse la plus simple ».
L'intervention jugée illégale par la gendarmerie
La brigade de gendarmerie de Fayence a confirmé avoir été saisie du dossier. Selon elle, « le centre Agora avait fait appel à une société spécialisée dans le dépigeonnage. Cependant nous nous sommes aperçus que le Parquet n'était pas au courant de cette opération ». L'Office français de la biodiversité (OFB) a confirmé aux agents qu'un « arrêté dédié » devait être pris par le préfet ou le maire pour encadrer une telle intervention. Or, aucun arrêté de ce type n'avait été pris.
L'opération a donc été stoppée net. La gendarmerie précise que si le centre commercial et la société spécialisée souhaitent poursuivre leur démarche, « ils devront respecter cette procédure ». La société de dépigeonnage, jointe par téléphone, n'a pas souhaité commenter l'affaire. Une nouvelle opération de régulation pourrait néanmoins être envisagée dans le cadre des pouvoirs de police du maire ou du préfet, sans qu'aucune étude sanitaire préalable ne soit nécessaire.
Le maire privilégie les solutions alternatives
François Cavallier, maire de Callian, ne semble pas disposé à s'engager dans la voie de l'abattage. Il explique : « Nous avons encouragé la gendarmerie à trouver un moyen de reporter cette opération, non seulement parce que nous n'avions pas été prévenus, mais aussi parce qu'une certaine émotion s'était créée. Il fallait apaiser la situation ». Tout en reconnaissant que les pigeons peuvent poser « de grands problèmes de salubrité », il estime que l'abattage n'est pas la réponse adaptée.
Des solutions alternatives existent, comme le rappelle le maire : « Il y a d'autres moyens de traiter ce problème, comme en témoigne le pigeonnier contraceptif qui est installé dans notre centre village ». La Directive européenne oiseaux préconise également « l'utilisation de dispositifs de dissuasion visuels et sonores, l'installation de filets et des pics anti-perchage, l'enlèvement des nids ou encore la distribution d'aliments contraceptifs ». Une difficulté demeure toutefois : à proximité du centre commercial Agora, « tout le foncier est privé ». François Cavallier assure néanmoins être « à l'écoute du syndic et des commerçants » pour étudier la possibilité de mettre en place une solution alternative.



