Le ministère de l'Intérieur a confirmé ce dimanche avoir engagé une procédure de dissolution contre l'association Égalité et Réconciliation, fondée par l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. Cette information, révélée par Libération, a été officiellement confirmée par la place Beauvau. « Une mesure de dissolution est envisagée, et à cette fin, un contradictoire est en cours, à l'issue duquel la dissolution pourra intervenir », a indiqué le ministère.
Une procédure en phase contradictoire
La procédure a été signifiée à l'association dans un courrier daté du 9 octobre. Elle se trouve actuellement dans sa phase contradictoire, qui dure dix jours. Durant ce délai, les personnes mises en cause peuvent présenter leurs arguments au ministère. À l'issue de cette période, Beauvau décidera de présenter ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres.
Cette décision intervient alors qu'Alain Soral, plusieurs fois condamné en France et en Suisse pour des propos antisémites et homophobes, a quitté le territoire français. Le polémiste s'est « réfugié » en Russie en février, selon ses dires sur ses réseaux, après avoir rejoint la Suisse en 2019 pour échapper à la prison en France.
Des accusations de discours haineux
Selon Libération, le ministère de l'Intérieur souligne que l'association, sous couvert de « combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse », « reprend en réalité le courant de votre pensée national-socialiste, référence directe au nazisme ».
Le ministère relève également que l'association « propage des idées tendant à justifier ou encourager un discours discriminatoire, haineux et appelant à la violence envers les personnes juives, immigrées, les femmes et la communauté LGBT ».
Une association créée en 2007
Égalité et Réconciliation est présentée sur le site d'Alain Soral comme « une association politique trans-courant créée en juin 2007 » avec « pour objet de soutenir et de défendre les idées politiques d'Alain Soral ». Le polémiste préside cette structure.
Dans une enquête publiée le 28 septembre par Mediapart sur des propos antisémites datant de 2013 attribués au président du RN Jordan Bardella, le média d'investigation développe un volet sur une « fascination » qu'aurait eue alors le jeune militant du Front national pour Alain Soral.