Un directeur d'école suspendu pour des propos choquants sur une élève de 6 ans
La rentrée scolaire de l'école primaire Joséphine-Baker à Plaissan, dans l'Hérault, se déroulera sans son directeur habituel. Celui-ci a été suspendu à titre conservatoire par le rectorat suite à un signalement pour "faits particulièrement graves" selon les termes officiels. Cette mesure intervient après des propos jugés profondément inappropriés tenus lors d'un échange téléphonique avec un parent d'élève concernant sa fille âgée de seulement six ans.
Une conversation téléphonique qui bascule
L'affaire remonte au jeudi 26 février, en pleines vacances scolaires. Marcio Ribeiro, père de deux enfants scolarisés dans l'établissement, reçoit un appel d'un numéro masqué. À l'autre bout du fil se trouve le directeur de l'école, qui souhaite discuter de certaines tensions concernant la scolarité des enfants. "Au début, c'était cordial", témoigne le parent. Mais lorsque celui-ci évoque son intention de retirer ses enfants de l'établissement pour l'année suivante, la conversation prend une tournure inquiétante.
Le directeur insiste particulièrement pour que la fille de six ans ne quitte pas l'école. Après un premier raccrochage, il rappelle depuis un autre numéro, affirmant au père : "non, je vous fais entièrement confiance. De toute façon, après cet appel, vous allez effacer mon numéro à jamais". Des paroles qui, selon Marcio Ribeiro, l'ont littéralement glacé.
Des messages et propos d'une extrême gravité
C'est à ce moment que l'épouse du parent décide d'enregistrer la suite de la conversation. Après avoir évoqué son projet de "recréer une belle école", le directeur envoie un SMS accompagné d'une photo de lui sur son canapé avec le message : "Bisous ma grande... ça vous ressemblera sorti de nulle part... mais pour moi... votre fille... sera un sujet...".
Le père explique alors que sa fille souffre d'une polyarthrite polyarticulaire rhumatoïde, une pathologie chronique invalidante nécessitant des soins réguliers. La réponse du directeur restera gravée dans sa mémoire : "Votre fille, elle est belle... Et quand elle subit son traitement, vous allez la trouver tellement belle que, dans mon plaisir à moi, je voudrais bien sa photo. Et ça, ça vous dérange. Je pense que ça vous dérange..." avant de laisser entendre un rire inquiétant.
Une suspension immédiate et une enquête ouverte
Face à ces propos, Marcio Ribeiro a immédiatement alerté les forces de l'ordre. Les gendarmes se sont rendus au domicile du directeur, qu'ils ont trouvé dans un état second. Selon nos informations, l'homme était sous traitement médical au moment des faits.
Le rectorat a réagi promptement en suspendant le directeur et en affectant un remplaçant dès le lundi 9 mars, jour de la rentrée scolaire. "Dans l'attente que toute la lumière soit faite sur cette situation", précise l'institution, qui a informé les parents d'élèves par l'intermédiaire de l'inspectrice de l'Éducation nationale de la circonscription de Lodève.
Une plainte déposée pour protéger les enfants
Marcio Ribeiro a porté plainte, estimant que ces faits portent atteinte à la dignité et à l'intégrité de sa fille, ainsi qu'à la confiance indispensable entre les familles et l'institution scolaire. "Pour moi, ces faits sont d'une extrême gravité", insiste-t-il. "Avec mon épouse, on a pu parler à notre fille pour savoir s'il s'était passé quelque chose. Elle m'a juste demandé de ne plus l'appeler 'ma grande'".
Une enquête est désormais en cours pour éclaircir les circonstances exactes de cet incident qui a profondément bouleversé la communauté éducative de Plaissan. L'inspectrice de l'Éducation nationale sera présente sur place lors de la reprise pour assurer la continuité pédagogique et veiller au maintien d'un climat scolaire serein.



