Le Défenseur des droits s'est saisi jeudi 1er octobre après qu'un lycéen de 14 ans a eu la mâchoire fracassée par un tir de LBD policier lors d'un blocage à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise). L'IGPN mène trois enquêtes sur des incidents similaires alors que 900 lycées étaient bloqués ce jour en France.
Une autosaisine du Défenseur des droits après les faits du 28 septembre
L'institution a indiqué jeudi à l'AFP s'être saisie après qu'un mineur a été blessé lundi 28 septembre dernier lors du mouvement de blocage des lycéens à Saint-Ouen-l'Aumône. Cette autosaisine conduit à l'ouverture d'une enquête menée par cette autorité administrative indépendante, tandis que l'IGPN, la "police des polices", enquête également sur ces faits.
Le jeune de 14 ans présente "une double fracture de la mâchoire, toutes les dents cassées en haut et un bon nombre de dents cassées en bas" et, hospitalisé, il doit subir "une intervention extrêmement lourde", a précisé son avocate, Me Elsa Marcel, jointe par l'AFP mercredi. "Il a cru mourir" : son client se tenait "isolé" et a été "pris à partie par des policiers, qui le frappent", avant qu'un policier "lui tire dans la tête à un mètre de distance", a-t-elle détaillé.
Trois enquêtes de l'IGPN et un mouvement qui s'étend
Mercredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé que l'Inspection générale de la police nationale avait été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements. Ces investigations concernent les faits de Saint-Ouen-l'Aumône, ainsi que ceux de Sevran (Seine-Saint-Denis) et de Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont "compatibles" avec un tir de LBD.
Rejoint par les étudiants, le mouvement de blocage des lycéens, qui réclament plus de moyens pour leurs établissements, s'est durci dans de nombreuses villes de France et a été émaillé d'incidents : 900 actions ont été dénombrées ce jeudi devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, selon une source sécuritaire.
Le rôle du Défenseur des droits
L'institution du Défenseur des droits, dirigée depuis cet été par l'ancien ministre et sénateur LR François-Noël Buffet, intervient dans cinq domaines : les usagers du service public, la protection des enfants, les discriminations, la déontologie des forces de sécurité et la protection des lanceurs d'alerte. Cette saisine s'inscrit dans le cadre de ses missions de protection de l'enfance et de contrôle de la déontologie des forces de l'ordre, alors que le mouvement de blocage continue de s'étendre sur le territoire national.