Un cambriolage alcoolisé dans un chai de pineau à Cabariot
Ce jeudi 12 mars, deux maçons âgés de 34 et 36 ans comparaissaient devant le tribunal correctionnel de La Rochelle. Ils étaient accusés d'être entrés par effraction dans un chai à Cabariot et d'en avoir vidé le contenu, soit 245 bouteilles de pineau des Charentes. L'audience a révélé les détails surprenants de cette affaire, où l'alcool a joué un rôle central.
Une nuit de débauche et de bris de verre
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2024, les deux amis, déjà fortement alcoolisés, ont forcé la porte du chai. Le propriétaire n'était autre que le voisin de l'un des prévenus, qui savait donc ce que le hangar contenait. Leur acolyte n'a pas hésité à participer. « Je ne sais pas pourquoi on a fait ça. On était très alcoolisés. On n'a pas réfléchi », a déclaré l'un d'eux à l'audience.
L'enquête n'a pas été complexe. Lors du chargement des bouteilles dans un véhicule Opel Zafira, certaines leur ont échappé et se sont brisées au sol. Le plus âgé s'est même coupé en voulant ramasser les débris de verre, laissant de l'ADN qui a mené directement vers eux, déjà fichés pour des vols antérieurs.
La consommation rapide du butin et ses conséquences
Si leur objectif initial était peut-être de revendre le pineau, ils ont rapidement cédé à la tentation de le consommer. Lors de leur interpellation, presque un an plus tard en juin 2025, seulement cinq bouteilles ont été retrouvées. « On les a bus, reconnaît l'un des prévenus. Ça a d'ailleurs aggravé mes problèmes de diabète ».
Aujourd'hui, l'un des accusés affirme s'être pris en main, muni d'un dossier de suivi. « J'ai tout perdu, ma vie de famille, mon permis. Plus d'alcool, plus de bêtises ». Il a même anticipé la sentence en demandant un prêt à sa banque pour dédommager la victime, une initiative qui n'a pas eu d'importance dans cette affaire.
Une audience sans victime et une sentence sévère
Le viticulteur, propriétaire du chai, ne s'est pas constitué partie civile, n'a formulé aucune demande et n'était pas présent à l'audience. Cela n'a pas rendu le cambriolage moins « misérable », selon les termes du procureur Clément Incerti. Ce dernier a rappelé que la récidive leur faisait encourir jusqu'à vingt ans de prison, tout ça pour « une soirée picolo et des bouteilles de pineau. On va se coucher, même quand on a encore soif ».
Finalement, les deux comparses ont écopé de 150 jours-amendes à 4 euros chacun, une sanction qui souligne la gravité de leurs actes malgré l'absence de plainte de la victime.



