Le député LFI des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a été libéré jeudi 27 août au soir après plus de huit heures de garde à vue, à la suite d'une altercation avec trois policiers dans son immeuble à Marseille. Le parlementaire est désormais convoqué devant la justice pour outrage, le 13 novembre.
Une garde à vue levée après huit heures d'audition
Arrivé sans un mot à 14 heures au commissariat central de la deuxième ville de France, accompagné de son avocat, le député est ressorti par une porte dérobée vers 23 heures, s'engouffrant dans un taxi sans s'exprimer. Son avocat, Yones Taguelmint, a confirmé à l'AFP : « La garde à vue a été levée. On ne fera pas de déclaration ce soir. » Une source proche du dossier a indiqué que le député faisait l'objet d'une convocation pour outrage le 13 novembre.
De son côté, M. Delogu a posté sur Instagram un message en forme de cœur blanc sur fond noir accompagné des mots « Tout va bien ». Le parquet de Marseille avait confirmé dans l'après-midi le placement en garde à vue du député « dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique ».
Une altercation autour d'une porte d'immeuble
Les faits se sont produits lundi vers 15h15. Trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député. Selon la version de M. Delogu, il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand « une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé, donc je refuse de la laisser ouverte ». Il affirme que les policiers ne lui ont pas décliné leur identité, qu'ils l'ont suivi jusqu'à son domicile, et qu'il leur a demandé leur carte de police. « Ils me sautent dessus en me traitant de bon à rien », a-t-il raconté. Il affirme également que l'un des agents lui a lancé « tu pues de la gueule » et porté « un coup sur la poitrine ».
De leur côté, les policiers ont porté plainte pour « outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique », affirmant dans des procès-verbaux que l'AFP a pu consulter que M. Delogu s'était opposé « physiquement » à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de « bande de fatigués » ou encore, pour l'un d'eux, de « trou du cul ». Selon les déclarations des policiers, ils auraient eu plus tôt dans la journée un contact téléphonique avec M. Delogu via une voisine, et le député leur aurait ensuite indiqué qu'il avait contacté le suspect pour lui indiquer que la police était à sa recherche. Interrogé par message mercredi par l'AFP, M. Delogu n'avait pas répondu. L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui du député.
Un député déjà condamné et sous le coup d'autres procédures
M. Delogu, député des quartiers Nord de Marseille, s'était fait connaître du grand public en brandissant un drapeau palestinien en séance à l'Assemblée nationale pour dénoncer la situation à Gaza en mai 2024, lui valant une exclusion temporaire de l'hémicycle. Il a été condamné en 2025 pour « violences aggravées » à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille. Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l'aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Il doit également comparaître le 21 octobre devant la justice pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.



