Un jeune Breton de 22 ans, interpellé le 20 septembre sur le point de deal notoire de la rue du Lozère, dans le quartier des Cévennes à Alès (Gard), a été condamné jeudi 24 septembre à six mois d'emprisonnement ferme. Le tribunal a également ordonné son maintien en détention et lui a interdit de paraître dans le Gard pendant trois ans.
Lors de son interpellation, dans l'après-midi du 20 septembre, lors d'une opération de surveillance de la police nationale, le prévenu était en possession d'un sac contenant 163 g de résine de cannabis, 15 g d'herbe et 100 g de cocaïne. Il a été jugé en comparution immédiate après avoir passé deux jours en détention provisoire.
Un « jobeur » recruté via les réseaux sociaux
Le jeune homme, originaire de Bretagne et sans domicile fixe, vivait jusqu'à récemment dans un camping. Il a expliqué être arrivé dans la région et avoir trouvé une annonce sur un réseau social. « Je suis tombé sur une annonce sur (un réseau social). J'ai postulé et voilà… », a-t-il déclaré, reconnaissant les faits qui lui sont reprochés.
Il a indiqué dealer depuis le début de la semaine, moyennant 250 € par jour, et avoir assuré entre 50 et 70 ventes le jour de son interpellation. Interrogé par le président Simon Lanes sur ses commanditaires, il est resté silencieux, évoquant la crainte de représailles. « Sur le coup, je n'avais pas d'argent en arrivant ici. Et, oui, c'était de l'argent facile… », a-t-il ajouté.
Le procureur dénonce un phénomène en explosion
Le procureur de la République d'Alès, Abdelkrim Grini, a souligné que le trafic de stupéfiants dans la capitale des Cévennes est « un phénomène délinquantiel qui a explosé cette année ». Il a ajouté : « Il n'y a pas une semaine sans que votre tribunal soit saisi pour une affaire de narcotrafic. »
« On prend les mêmes et on recommence », a-t-il constaté, notant que « même si ce ne sont jamais les mêmes personnes, c'est le même mode opératoire ». Il a requis de 12 à 15 mois de prison, dont six avec sursis probatoire, un maintien en détention et une interdiction de paraître dans le Gard durant cinq ans.
La défense plaide la clémence, le tribunal tranche
Me Florence Mendez, avocate de la défense, a contesté la vision du procureur, affirmant que ces « jobeurs » « ne sont pas tous les mêmes ». Elle a souligné que son client reconnaît les faits, contrairement à d'autres, et qu'il ne s'est pas opposé à l'exploitation de son smartphone.
Elle a évoqué le « profil un peu atypique » de ce Breton, titulaire d'un CAP de cuisine qui fait les saisons, un individu qui « s'est un petit peu perdu. Il s'est un petit peu cherché. » Pour cet « accident de parcours » de quelqu'un qui « n'est pas dans une délinquance d'habitude du stupéfiant », elle a plaidé « la plus grande clémence », voire « une mesure de détention au domicile de sa maman », qui vit à Rennes.
Le tribunal n'a pas suivi cette proposition. Il a condamné le Breton, né à Saint-Malo, à six mois d'emprisonnement, ordonné son maintien en détention et lui a interdit de remettre les pieds dans le Gard durant trois ans.