Cyberattaque: le PDG de U tempère les dégâts dans les magasins
Cyberattaque: U tempère les dégâts dans les magasins

Le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a tempéré mardi 13 octobre 2026 l'ampleur des dégâts causés la veille par la cyberattaque ayant ciblé les installations frigorifiques de centaines de supermarchés en France. Il a précisé qu'une «minorité» des 80 magasins U touchés ont dû jeter de la marchandise, alors que l'attaque a également affecté des centaines d'autres points de vente à travers le pays.

Une attaque massive contre la régulation du froid

Dans la nuit de dimanche à lundi, «des hackers ont pris le contrôle de ce qu'on appelle la régulation du froid, donc le contrôle du froid», a rappelé Dominique Schelcher sur RTL ce mardi. «Chez nous, cela a touché 80 magasins seulement sur 2.000, et une très grande majorité d'entre eux» ont «pu contrer l'attaque», a-t-il assuré, saluant «la réactivité des patrons» de ces points de vente, «des équipes et de nos frigoristes» qui ont évité toute «casse» et «rupture de chaîne du froid».

L'attaque a également touché quelque 300 points de vente Intermarché/Netto, plusieurs magasins du groupement E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix, selon les informations disponibles.

Des pertes limitées mais réelles

«C'est dans une minorité de ces 80 magasins qu'ils n'ont pas pu réagir suffisamment vite ou contrôler l'attaque» et qu'«il y a eu rupture de chaîne du froid et où de la marchandise a pu être jetée», a ajouté M. Schelcher. «Dans un petit magasin», les pertes peuvent atteindre «quelques dizaines de milliers d'euros», quand «dans un hypermarché, cela peut monter à 180.000, 200.000 euros», a-t-il précisé, assurant toutefois ne pas avoir «le chiffrage» total «des dégâts».

Le dirigeant a souligné que les magasins U n'étaient «pas clients directs de Danfoss», fabricant danois dont les systèmes de régulation ont été visés par la cyberattaque : «nous sommes clients d'acteurs frigoristes qui nous mettent à disposition cette solution».

Des produits anciens en cause

L'entreprise scandinave a expliqué ce lundi que «la majorité des unités touchées sont des produits anciens […] qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité». Elle a assuré «recommander depuis longtemps à ses clients de maintenir les systèmes pris en charge à jour et de migrer les systèmes hérités vers des solutions de génération actuelle».

Danfoss avait fait part ces derniers mois de plusieurs vulnérabilités graves sur certains de ses logiciels utilisés dans les systèmes frigorifiques. Dès lors, les frigoristes «ont-ils informé les magasins ? L'enquête va devoir le dire», a répondu M. Schelcher. Cette cyberattaque «inédite» n'en reste pas moins «gravissime», a-t-il estimé, assurant que son secteur en tirerait «des leçons» comme à «chaque crise».