Cévennes : lourdes peines pour deux dealers après un trafic de drogues
Cévennes : lourdes peines pour deux dealers

Quels talents ! C'est par cette exclamation que le substitut du procureur a salué l'ingéniosité des deux prévenus, jugés ce jeudi 9 octobre au palais de justice d'Alès, dans le Gard. Ces deux jeunes, âgés de 19 et 20 ans, étaient poursuivis pour un trafic de cannabis et de cocaïne qui sévissait à Anduze, dans les Cévennes gardoises.

Un coup de filet des gendarmes

L'affaire avait débuté il y a une quinzaine de jours, lorsque les gendarmes avaient démantelé un réseau de stupéfiants. Les deux mis en cause, en état de récidive, ont été présentés en comparution à délai différé. Dans le box, se tenaient un Anduzien de 19 ans, présenté comme "le gros poisson", qui avait gardé le silence lors de sa garde à vue, et un autre individu de 20 ans, domicilié à Saint-Christol-lez-Alès, suspecté de l'avoir approvisionné, mais qui niait les faits devant les militaires.

Des prévenus qui minimisent leurs rôles

Devant les juges, le plus jeune a fini par reconnaître, "un peu", un business qui aurait duré "neuf ou dix mois", pour financer sa consommation et arrondir ses fins de mois. L'enquête avait pourtant mis en lumière plus de 17 consommateurs qui l'avaient désigné. Le second prévenu, quant à lui, a persisté à nier : "Je n'ai rien à voir avec le trafic d'Anduze." Pourtant, l'analyse de son téléphone semblait indiquer le contraire. Il s'est défendu en affirmant qu'il ne l'utilisait que deux fois par semaine, refusant de dire qui l'avait le reste du temps : "J'ai peur de représailles. Je suis sous pression. On me donne 60 euros deux fois dans la semaine pour dealer."

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Interrogé sur les codes de déverrouillage des smartphones, le substitut du procureur, Quentin Larroque, a répliqué : "Quels talents !" pour avoir fait grandir leur petite entreprise dans les stupéfiants et "pour minimiser leur implication". Selon le parquet, ces deux jeunes "tentent de jongler avec les éléments de procédure, de se faire le plus petit possible". Le "gros poisson" était considéré comme celui qui "a développé le trafic de stupéfiants à Anduze", comme "le tenancier avec des petites mains", "le chef". Quant à l'autre, il était "le parfait petit trafiquant", "un dealer capable de livrer, à la demande, 100 grammes de stupéfiants". Le refus de communiquer les codes de déverrouillage était clair pour le parquetier : "Autant signer des aveux de culpabilité ; ça ira plus vite."

Des réquisitions lourdes

Les peines requises étaient sévères : trois ans de prison, un maintien en détention, la révocation de deux sursis simples de quatre et six mois, une amende de 5 000 euros et la saisie de l'argent sur ses comptes en banque pour l'Anduzien de 19 ans ; trois ans d'incarcération, un maintien en détention et 10 000 euros d'amende pour son comparse de Saint-Christol.

Les avocates plaident pour des peines aménagées

Me Coralie Gay, l'avocate du "chef", a contesté la période de prévention : "On essaye de vous grossir un truc." Selon elle, son client n'était qu'"un petit jeune gringalet qui va avoir 20 ans, qui use de la trottinette et fait quelques livraisons", seulement durant "deux mois" et "sur des quantités minimes". Me Florence Mendez, pour le second prévenu, a estimé que le considérer comme le fournisseur était "une hypothèse du parquet et des gendarmes, et on va s'y accrocher. Cette idée-là dirige l'enquête... On est là pour le faire tomber, c'est le seul et unique but. On le veut depuis longtemps..." Les avocates ont plaidé pour que leurs clients ne retournent pas en prison. Me Gay a visé un aménagement ab initio, invitant le tribunal à "lui permettre de sortir de détention et refaire sa vie ailleurs". Sa consœur, dont le prévenu a finalement reconnu avoir dealé, a espéré un aménagement sous bracelet électronique en cas de condamnation à du ferme.

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La décision du tribunal

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Le "tenancier" a été condamné à trois ans de prison, ses sursis à hauteur de dix mois ont été révoqués, avec maintien en détention et saisie de son argent. Le second prévenu a écopé de deux ans de prison, d'un maintien en détention et de 3 000 euros d'amende.