Il y a 30 ans, le crash d'un Jaguar militaire à Luxey dans les Landes
Crash d'un Jaguar militaire à Luxey en 1994 : retour sur l'accident

Il y a trente ans, un drame aérien dans les Landes

Le 24 février 1994 restera une date sombre dans les annales de l'aviation militaire française. Vers 14h15, un biréacteur Jaguar en provenance de la base aérienne de Saint-Dizier, en Haute-Marne, s'est écrasé au sol à Luxey, dans le département des Landes. L'appareil s'est abîmé au lieu-dit La Gavarre, à proximité immédiate du champ de tir de Captieux, lors d'un vol d'entraînement et de tir programmé dans le cadre des activités de la base aérienne de Cazaux.

Un accident mortel en zone isolée

Le pilote, seul à bord de l'avion de combat, a été tué sur le coup. Aucune autre victime n'est à déplorer, l'accident étant survenu à plusieurs kilomètres de toute habitation. Seuls des bûcherons travaillant dans les bois environnants ont été intrigués par le bruit assourdissant de l'impact. Les premières investigations suggèrent que l'accident se serait produit alors que l'avion volait avec un fort angle de piqué, mais les causes exactes restaient inconnues dans les heures suivant le drame.

Une intervention complexe des secours

La situation s'est rapidement compliquée avec la découverte que le Jaguar était armé de deux bombes de 400 kilos qui n'ont pas explosé lors du crash. Une équipe de déminage spécialisée a dû être dépêchée depuis Mérignac pour désamorcer ces engins explosifs, tandis qu'une trentaine de gendarmes des brigades locales mettaient en place un périmètre de sécurité strict.

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Les sapeurs-pompiers et des artificiers du Centre d'essais des Landes détachés à Captieux sont intervenus sur place, munis de deux camions de mousse carbonique pour prévenir tout risque d'incendie. Les forces de l'ordre ont tenu éloignés tous les bûcherons et curieux pendant les opérations de sécurisation du site.

Un pilote jeune mais expérimenté

Le pilote, âgé de seulement 24 ans, était pourtant déjà un aviateur chevronné avec 400 heures de vol à son actif. Il appartenait à l'escadron Provence, basé sur la BA 113 de Saint-Dizier, unité venue au début de la semaine à Cazaux pour y pratiquer un exercice annuel programmé.

Son identité a finalement été révélée : Stéphane Brié, né le 3 septembre 1969 à Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône. Fils de militaire, il avait entamé sa scolarité à Mont-de-Marsan avant que son père ne soit muté. Après avoir été élève aux écoles de pilotage d'Avord dans le Cher et de Cognac, il était devenu pilote de chasse à Tours avant d'être muté à la base de Cazaux où il avait piloté des Alpha-jet. Sa dernière affectation remontait à 1992 à Saint-Dizier.

Un exercice de routine qui tourne au drame

Cet accident rappelle la dangerosité inhérente aux exercices militaires, même lorsqu'ils sont menés par des pilotes expérimentés. Le Jaguar, avion d'attaque au sol développé conjointement par la France et le Royaume-Uni, était un appareil réputé pour sa robustesse, ce qui rend l'accident d'autant plus mystérieux.

Les autorités militaires de l'époque n'ont pas confirmé immédiatement toutes les informations recueillies sur place, notamment concernant la présence des bombes non explosées, préférant attendre les résultats de l'enquête technique. Cet événement tragique a marqué durablement la mémoire collective de la région, rappelant que les exercices militaires, même en temps de paix, comportent des risques significatifs pour les personnels engagés.

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