Crans-Montana : cinq ans sans contrôle incendie au bar Constellation, 41 morts
Crans-Montana : 5 ans sans contrôle incendie, 41 morts

Le drame du Constellation : cinq années sans contrôle incendie

Le bar le Constellation, où un incendie dévastateur a éclaté le soir du Nouvel An, causant la mort de 41 personnes et blessant 115 autres, n'avait fait l'objet d'aucun contrôle de sécurité incendie depuis cinq longues années. Cette révélation choquante émerge alors que la justice suisse mène son enquête, un mois et demi après la tragédie survenue dans la station de ski huppée de Crans-Montana.

Des alertes répétées ignorées par les autorités

Dans des auditions tenues les 6 et 7 février, les deux responsables de la sécurité incendie de Crans-Montana ont exposé une situation alarmante. Ils ont expliqué, avec insistance, que par « manque de ressources » et de compétences, ils n'avaient pu mener à bien les contrôles annuels obligatoires dans l'ensemble des établissements publics de la commune. Pire encore, ils affirment avoir alerté à maintes reprises les élus locaux, qui sont restés indifférents à leurs appels.

Un service sous-équipé et des priorités discutables

Ken Jacquemoud, en poste jusqu'en mai 2024, a martelé que depuis son arrivée en 2017, il n'avait cessé de signaler l'insuffisance des moyens alloués à son équipe. Parti seul, il a dû « batailler » pour constituer une équipe de cinq personnes, aujourd'hui dirigée par son successeur, Christophe Balet. Ce dernier a confessé avoir dû « prioriser certains établissements », en planifiant un maximum de visites tout en sachant qu'ils ne suivaient pas la réglementation. Selon ses dires, il faudrait « au minimum cinq à six personnes de plus » pour réaliser tous les contrôles incendies annuels. La hiérarchie leur aurait conseillé de se concentrer d'abord sur les hôpitaux, puis les hôtels, et seulement ensuite sur les restaurants et bars.

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La responsabilité des élus mise en cause

Les deux responsables sécurité incendie affirment que le problème d'effectif était connu depuis longtemps des responsables politiques de Crans-Montana et du canton du Valais, y compris de Nicolas Féraud, le président de la commune. Pourtant, ce dernier avait déclaré en conférence de presse, juste après l'incendie, ne pas pouvoir expliquer l'absence de contrôle au Constellation ces dernières années. Christophe Balet souligne que Nicolas Féraud aurait lui-même décrété un « Personal Stop » en janvier 2025, gelant la création de nouveaux postes, alors que la commune disposait de 155 millions de francs suisses (170 millions d'euros) de ressources, selon un audit interne de 2023.

Des plaintes déposées et des questions sur la formation

Selon les informations disponibles, plusieurs victimes de l'incendie ont porté plainte contre Nicolas Féraud pour des « manquements gravissimes » et demandent qu'il soit entendu par la justice. Les auditions ont également soulevé des interrogations sur la formation des responsables sécurité incendie. Christophe Balet, ancien garagiste, aurait raté son brevet de spécialiste en sécurité incendie « à cause de problèmes de santé » et ne l'aurait jamais repassé. De plus, ils ont reconnu ignorer les risques posés par les mousses acoustiques, un matériau hautement inflammable, et ne pas avoir reçu d'ordre pour en contrôler la présence lors des inspections.

Les suites judiciaires et les nouvelles mesures

Après l'incendie du Constellation, de nouvelles consignes ont été données au niveau du canton pour renforcer la sécurité. Christophe Balet et Ken Jacquemoud restent libres dans l'attente de leur prochaine audition, dont la date n'a pas encore été communiquée. Cette tragédie met en lumière des lacunes systémiques dans la gestion de la sécurité incendie à Crans-Montana, avec des conséquences humaines dramatiques qui continuent de résonner dans toute la région.

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