Un couple jugé pour une série de vols anciens liés à une addiction à l'héroïne
Un homme et une femme ont été jugés lundi 16 février par le tribunal correctionnel de Périgueux pour une quarantaine de délits très anciens, remontant à l'année 2016. À l'époque, les deux individus, lourdement toxicomanes, ne pensaient qu'à acheter de l'héroïne pour satisfaire leur dépendance quotidienne.
Plus de quarante vols et trois cambriolages dans le Sud-Ouest
Les faits reprochés incluent plus d'une quarantaine de vols de véhicules, principalement dans des voitures, ainsi que trois cambriolages. Ces actes délictueux se sont déroulés tout au long de l'année 2016 dans le grand Sud-Ouest, couvrant un vaste territoire allant de la Dordogne à la Charente, en passant par la Charente-Maritime et la Haute-Vienne.
Dix ans plus tard, seul l'homme, âgé de 44 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Périgueux. La femme ne s'est pas présentée à l'audience. Le prévenu est revenu en France en 2024 après plusieurs années de détention en Espagne, suite à une condamnation pour un vol avec violence.
Une spirale de délinquance alimentée par la drogue
Le couple, à l'époque, fonctionnait avec une consommation massive de cannabis et une énorme dose d'héroïne. « 500 à 600 euros par jour qu'on s'injectait », a décrit le quadragénaire lors de l'audience. « Pour cela, il fallait trouver de l'argent tous les jours. »
Dans un premier temps, les revenus du salon de tatouage de l'homme y ont passé, jusqu'à ce qu'il soit contraint d'arrêter son activité. C'est alors que la série de vols a commencé. « Les voitures représentaient le plus facile, pour ne faire de mal à personne », a-t-il expliqué. Même l'héritage de 20 000 euros de son arrière-grand-mère a été dilapidé. « On a tout bouffé dans la drogue », a-t-il confirmé.
Une délinquance qualifiée de misérable et opportuniste
Les communes de Périgueux, Terrasson, Ars, Saint-Yrieix-sur-Charente, Soyaux, Cognac, Niort ou Limoges ont été visitées par le couple. Me Réda Hammouche, l'avocat du prévenu, a commenté ces actes en les qualifiant de « vols opportunistes, répétitifs, désorganisés. Une délinquance misérable ».
« Il revient de loin », a poursuivi l'avocat. Malgré plusieurs condamnations au casier judiciaire, son client semble avoir tourné la page. Il a surmonté des problèmes de santé et manifeste une volonté de se réinsérer dans la société.
Un projet de réinsertion et une condamnation avec sursis
Le projet de l'homme, qui arbore des étoiles encrées sur la joue, est de rouvrir son salon de tatouage en Dordogne. Cela lui permettrait également de renouer des contacts sociaux, car il « ne côtoie personne, vit comme un ermite » actuellement. « Je ne peux pas me permettre le moindre faux pas », a-t-il déclaré.
Il suit actuellement un traitement de substitution aux opiacés, qui se poursuivra. Le tribunal a condamné le quadragénaire à 18 mois de prison avec sursis probatoire, assortis d'une obligation de soins. Sa compagne de l'époque a écopé de 12 mois de prison.



