Un cirque controversé s'installe sans autorisation à Mérignac
Depuis le dimanche 29 mars, le Grand Cirque Zavatta a élu domicile sur le parking du centre commercial Mérignac Soleil, provoquant immédiatement une vive polémique. Arrivé de La Teste-de-Buch puis de Lormont, le cirque a déployé son chapiteau, stationné de nombreux camions, et installé une cinquantaine de personnes ainsi qu'autant d'animaux, dont une partie est sauvage. Sans attendre d'autorisation officielle, l'entreprise annonce fièrement une série de représentations du 4 au 18 avril, avec des attractions phares comme Jumbo, présenté comme le plus gros hippopotame d'Europe avec ses 3 000 kilos et 40 ans.
Les autorités locales et le propriétaire du parking montent au créneau
Dès le mercredi 1er avril, la Ville de Mérignac a réagi fermement par un communiqué. Le maire PS Thierry Trijoulet condamne sans ambages cette installation illicite, mettant particulièrement en cause l'exploitation d'animaux sauvages. Il rappelle qu'aucune autorisation n'a été délivrée et que la préfecture a été saisie pour enclencher une procédure d'expulsion. De son côté, le Groupe Carrefour, propriétaire du parking, affirme que le cirque s'est implanté sans son accord. L'entreprise a fait réaliser un constat d'huissier, déposé une plainte, et une demande en référé pour l'évacuation des lieux est en cours d'instruction.
Le cirque se défend et accuse d'hypocrisie
Face à ces accusations, Franck Muller, codirigeant du Grand Cirque Zavatta avec son frère Alexandre, rétorque avec véhémence. « C'est clownesque ! Tout le monde a l'air surpris, c'est hypocrite », déclare-t-il au journal Sud Ouest. Il assure avoir rencontré des responsables du centre commercial et de la sécurité, avec lesquels une convention d'installation aurait été signée, contre une centaine de places gratuites. Le cirque diffuse même ce document sur les réseaux sociaux, affirmant son intention de rester jusqu'au 21 avril.
Carrefour conteste catégoriquement cette version, accusant le cirque d'avoir utilisé frauduleusement la signature et portant plainte pour falsification. Franck Muller maintient pourtant que l'autorisation a bien été délivrée, dénonce les propos diffamatoires du maire, et rappelle que la loi, qui interdira les animaux sauvages seulement à partir du 1er décembre 2028, ne permet pas à une commune de refuser un cirque avec animaux actuellement.
Une situation tendue qui perdure
Malgré les tensions et les actions judiciaires en cours, le Grand Cirque Zavatta persiste et signe. Il maintient son programme de représentations quotidiennes à 16 heures, défiant ainsi les autorités locales et le propriétaire des lieux. Cette installation sauvage soulève des questions cruciales sur la réglementation des cirques, la protection des animaux, et les limites du droit d'occupation des espaces privés, créant un imbroglio juridique et éthique à Mérignac.



