Charente-Maritime : une année 2025 particulièrement soutenue pour les sapeurs-pompiers
Pour les quelque 480 sapeurs-pompiers professionnels et 2 700 volontaires du département de la Charente-Maritime, l'heure est au bilan de l'année 2025. L'activité opérationnelle a été particulièrement soutenue, comme le confirme le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), le contrôleur général Didier Marcaillou.
Une activité comparable à des départements plus peuplés
La Charente-Maritime, comme tous les départements littoraux, possède une spécificité qui impacte directement les secours. Habitée officiellement par 670 000 personnes, sa population est multipliée durant la haute saison estivale. « Nous avons une activité opérationnelle équivalente au Finistère ou à la Haute-Garonne et leur million d'habitants », insiste Didier Marcaillou. En été, les pompiers doivent compter avec environ 250 interventions par jour, contre une centaine seulement en hiver. Cette pression est encore accentuée par les conditions météorologiques favorables, ce qui a été le cas en 2025, qualifiée d'année « soutenue ».
Plus d'appels mais une activité stable
Le Centre de traitement des appels (CTA) a enregistré une augmentation des sollicitations. 187 628 appels ont été passés au numéro 18 en 2025, contre 182 582 en 2024, soit plus de 500 appels par jour en moyenne. Cependant, sur ces quelque 200 000 appels, seuls 49 354 ont provoqué une intervention effective (49 095 en 2024). Le commandant Loïc Maurin, chef du groupement pilotage et évaluation du Sdis 17, souligne la diversité des demandes, allant des véritables urgences à des situations moins critiques comme « une perte de clés » ou une « douleur aux dents ».
Une convention avec le Samu facilite la régulation médicale des interventions non urgentes et encourage la prise en charge par les transports sanitaires privés. Contrairement à l'image d'Épinal, 80% des interventions concernent les secours et soins d'urgence à personne, avec 39 923 sorties, contre seulement 3 342 pour des incendies, bien que ces derniers aient augmenté de 7% en 2025. Cette activité soutenue s'explique par le vieillissement de la population et les difficultés d'accès aux soins en dehors des heures ouvrables. Au total, 42 651 victimes ont été secourues, contre 41 149 l'année précédente.
Sécurité routière et surveillance des baignades
L'année 2025 a été sombre pour la sécurité routière dans le département, avec 45 personnes décédées et plus de 500 blessées sur les routes. Les pompiers ont effectué 4 106 interventions pour accidents de la circulation, en hausse de 2,88%.
En revanche, la saison de surveillance des zones de baignade a été positive. Sur les 33 postes de secours tenus par les 208 nageurs-sauveteurs des sapeurs-pompiers, aucune noyade n'est à déplorer en 2025, et 48 personnes ont été sauvées. Les plages de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique (Cara) et de La Rochelle sont gérées par la SNSM. Le directeur précise que la saison a été écourtée pour des raisons budgétaires, notamment sur l'île d'Oléron, mais cela ne sera pas le cas en 2026. Le Sdis investit annuellement 94 000 euros dans l'organisation des zones de baignade.
Perspectives pour 2026 : innovations et défis
L'année 2026 s'annonce riche en nouveautés. Le nouveau centre d'incendie et de secours de La Rochelle-Lagord, dont les travaux ont débuté en août 2024, devrait être inauguré à l'automne. Ce chantier de 14,5 millions d'euros, entièrement financé par le Département, permettra le déménagement des pompiers de Mireuil dans des locaux modernes. Cette caserne enregistre à elle seule environ 8 000 départs par an.
Un challenge départemental inspiré des Techniques d'auto-sauvetage et de sauvetage de sauveteur (TASSS) sera organisé les 9 et 10 octobre 2026 à Rochefort, en mémoire du caporal-chef Sébastien Couturier décédé en 2010. Un challenge national est prévu en 2027, et le Sdis recherche des sponsors. Depuis 2019, le centre TASSS de Rochefort, unique en France, a formé 267 stagiaires issus de 43 Sdis et de quatre unités militaires.
Didier Marcaillou confirme que 2026 ne sera pas moins dense, avec un début d'année marqué par la neige et les tempêtes hivernales, débutant « sur les chapeaux de roues ».



