La Haute Cour de Justice d'Andalousie (TSJA) a confirmé, le 25 mars 2026, le caractère abusif du licenciement d'une salariée de Carrefour, renvoyée en mai 2021 pour l'usage présumé d'un bon d'achat de 8,83 euros. Faute de preuves, l'enseigne doit réintégrer cette employée ou lui verser 27 775,91 euros d'indemnités, selon nos confrères de Noticias Trabajo.
Un licenciement pour un coupon de 8,83 euros
La salariée, qui comptait plus de 15 ans d'ancienneté dans un magasin Carrefour de la province de Cadix, en Espagne, a été licenciée en mai 2021. La direction de l'enseigne l'accusait d'avoir conservé et utilisé un bon de réduction de 8,83 euros destiné à une cliente. Carrefour soutenait que les employés ne peuvent pas bénéficier des avantages réservés aux clients, considérant ce comportement comme une faute grave et une violation du règlement intérieur.
Contestant cette décision, la salariée a porté plainte. En 2023, le Tribunal social de Jerez de la Frontera lui a donné raison. Saisie en appel par Carrefour, la Haute Cour de Justice d'Andalousie a confirmé le jugement.
Absence de preuve et condamnation
Les juges soulignent l'interdiction de s'approprier les bons des clients, mais mettent en évidence l'absence de preuve. Carrefour n'a jamais pu prouver que l'employée avait profité de cette réduction. Sur les images de vidéosurveillance, la vendeuse n'est pas identifiable, et aucun lien n'a pu être établi avec sa carte bancaire ou sa carte de fidélité.
Carrefour a ainsi été condamné à réintégrer la salariée en lui versant ses salaires impayés, ou à lui verser 27 775,91 euros d'indemnités, tout en réglant 500 euros de frais de justice. L'entreprise peut encore se pourvoir devant la Cour suprême.