Attaque à Caen : la piste terroriste écartée, le suspect en garde à vue
Caen : piste terroriste écartée, suspect en garde à vue

Le parquet de Caen a officiellement écarté l'hypothèse terroriste dans l'attaque à la voiture qui a coûté la vie à deux personnes et blessé neuf autres, mercredi soir, devant la gare de Caen. Le procureur de la République, Joël Garrigue, a annoncé jeudi soir que « l'hypothèse d'un acte terroriste est désormais exclue ». Le suspect, un Russe d'origine tchétchène de 26 ans, reste en garde à vue, prolongée jusqu'à vendredi soir.

Un acte délibéré, des motivations encore floues

Selon les premières constatations, le conducteur n'a pas cherché à freiner ni à éviter les victimes. « Le véhicule n'a pas cherché à freiner ou à réaliser des manoeuvres d'évitement mais aurait, au contraire, dévié sa trajectoire pour aller au contact des victimes et les percuter », a détaillé M. Garrigue dans un communiqué. Le drame s'est produit vers 22h15, alors qu'un groupe de jeunes hommes, de différentes nationalités, se trouvait sous un abribus, près d'un bar.

Les enquêteurs n'ont pas encore déterminé si le suspect visait une personne en particulier ou le groupe dans son ensemble. « Toutes les autres hypothèses sont actuellement explorées sans en privilégier ni en confirmer aucune », a ajouté le procureur. Une altercation aurait précédé les faits, et le conducteur serait revenu avec sa voiture, empruntant une voie de bus avant de foncer sur les piétons.

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Le suspect, un Russe d'origine tchétchène, en situation régulière

L'homme, âgé de 26 ans, est de nationalité russe et d'origine tchétchène. Il est « en situation régulière sur le territoire national et n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale », selon le parquet. Il n'était pas connu des services de renseignement et n'était pas alcoolisé au moment des faits. Aucun élément en faveur d'une radicalisation ou d'une motivation politique ou idéologique n'a été mis en évidence.

Le suspect a évoqué des violences dont il aurait été victime avant les faits, des déclarations qui doivent être vérifiées. Le maire de Caen, Aristide Olivier, a évoqué la piste « du différend amoureux », sans plus de précisions, tout en écartant un lien avec le narcotrafic. La piste d'une « animosité entre les communautés tchétchène et afghane » est également explorée, selon le procureur.

Bilan humain et réactions

Le bilan s'est alourdi jeudi matin avec le décès d'un homme de 28 ans, « a priori » de nationalité afghane, qui était dans le coma au CHU de Caen. Une première victime, un Afghan de 35 ans, était décédée sur place. Les blessés, âgés de 17 à 36 ans, sont tous des hommes, plusieurs souffrant de fractures des membres inférieurs. Parmi les victimes figurent des ressortissants français, égyptiens, bangladais et soudanais.

Le suspect a été interpellé à Ouistreham, à une vingtaine de kilomètres de Caen, après avoir pris la fuite. Une enquête a été ouverte pour assassinat et violence volontaire avec arme. La garde à vue du suspect a été prolongée jusqu'à vendredi soir, et les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations exactes de l'auteur.

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