Béziers : des surveillants agressés dans une prison saturée
Béziers : des surveillants agressés dans une prison saturée

Un détenu a jeté un téléviseur sur un surveillant lors de la distribution des repas, mercredi 26 août, au centre pénitentiaire de Béziers, où la surpopulation carcérale met les personnels sous tension. Le syndicat FO, qui recense près de 250 matelas au sol dans les deux maisons d'arrêt, réclame un gel temporaire des arrivées pour garantir la sécurité des agents.

Un incident violent lors de la distribution des repas

Le premier incident s'est produit mercredi 26 août, pendant la distribution des repas du soir. Selon un représentant syndical FO, « un détenu qui avait déjà fait du tapage une bonne partie de la journée s'en est pris à un surveillant. Il lui a jeté son téléviseur dessus. Il a fallu l'intervention de tous les personnels de l'étage pour le maîtriser ». Conduit au quartier disciplinaire, ce même détenu « aurait alors craché sur les surveillants ».

Les personnels décrivent une situation « quasi quotidienne ». Un agent confie : « On ne nous respecte plus. Nous devons maîtriser ces individus, mais aussi contenir nos émotions parce que nous serions fautifs. Nous ne pouvons que demander des transferts de détenus, mais souvent ces individus irascibles ont déjà fait plusieurs établissements sans que le problème ait été réellement pris en compte. Ils sont malades et ce n'est pas un établissement où le personnel est formé pour les accueillir. »

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Une surpopulation qui s'aggrave avec 117 matelas au sol

La situation ne peut que « s'aggraver », selon le représentant syndical FO de la prison de Béziers. « Cette prison déborde et sa surpopulation est un danger pour mes collègues. » De source syndicale, la maison d'arrêt 2, qui accueille ce jour 372 prisonniers, compte 117 matelas au sol. La maison d'arrêt 1 héberge, à l'heure actuelle, 360 prisonniers. La maison d'arrêt est un établissement pénitentiaire, dans l'enceinte de la prison, qui accueille les personnes en détention provisoire (en attente de jugement) ainsi que les condamnés dont la peine courte ne dépasse pas deux ans.

À cette surpopulation s'ajoute une autre problématique majeure : le quartier disciplinaire est aujourd'hui occupé par de nombreux détenus bloqueurs (qui bloquent les portes), avec 8 places occupées sur une capacité de 16. « Cette situation réduit considérablement la marge de manœuvre de l'établissement lorsqu'un incident survient et qu'il faut pouvoir isoler ou sanctionner rapidement un détenu », explique le syndicat.

Davantage de conflits et de risques pour les personnels

Le problème ne semble pas uniquement une question de chiffres. Derrière chaque matelas au sol, chaque cellule occupée au maximum de ses capacités et chaque place indisponible, ce sont des conditions de détention qui se dégradent et des tensions supplémentaires qui apparaissent entre personnes détenues. « Pour les personnels, cela signifie davantage de conflits à gérer, davantage de difficultés lors des mouvements, des changements de cellule et des affectations, mais surtout davantage de risques lors des interventions », souligne le représentant syndical.

Pour les surveillants, il apparaît désormais indispensable que l'administration prenne des mesures immédiates. « Nous demandons que la situation de l'établissement soit réellement prise en compte et qu'un "stop aux écrous", au moins temporaire, soit étudié afin de permettre au CP Béziers de retrouver un niveau d'occupation davantage compatible avec ses capacités réelles et avec les conditions de sécurité nécessaires. »

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