Le centre pénitentiaire de Béziers, dans l'Hérault, affiche une densité carcérale de 217 % dans sa maison d'arrêt, avec plus de 254 matelas posés au sol pour accueillir les détenus en surnombre. Cette situation, dénoncée par les syndicats comme un « échec » de la politique pénitentiaire, s'inscrit dans une hausse régionale de la population carcérale en Occitanie, où 2 300 détenus dorment au sol.
La sécurité des personnels « sacrifiée »
David Parmentier, secrétaire local de l'Ufap au centre pénitentiaire de Béziers, dénonce une situation intenable : « La France compte désormais 90 000 détenus. 2 300 dorment au sol rien qu'en Occitanie. Nous pouvons l'affirmer aujourd'hui, la sécurité des personnels pénitentiaires est sacrifiée. Ce chiffre, à lui seul, illustre l'échec d'une politique pénitentiaire incapable d'endiguer une surpopulation devenue chronique. »
Selon lui, la surpopulation ne se limite pas à un problème de capacité d'hébergement. « Elle porte directement atteinte à la sécurité des personnels, complique la gestion quotidienne de la détention et réduit les marges de manœuvre nécessaires au maintien du bon ordre. Dans ces conditions, comment demander aux agents d'assurer pleinement leurs missions lorsque les moyens disponibles et les conditions de travail ne sont plus adaptés à la réalité du terrain ? »
Un établissement conçu pour 829 places, qui en accueille 1 259
Ouvert en 2009, le centre pénitentiaire de Béziers, surnommé le Gasquinoy, disposait d'une capacité initiale de 829 places. La maison d'arrêt comptait alors 389 places, tandis que le centre de détention, réparti en deux structures, offrait 210 places chacune. Aujourd'hui, environ 845 personnes sont incarcérées dans la seule maison d'arrêt, soit plus du double de sa capacité théorique. Au total, 1 259 détenus sont recensés dans l'établissement.
La surpopulation se concentre presque exclusivement sur la maison d'arrêt. Le quartier centre de détention (QCD), réservé aux peines plus longues, affiche une situation stable, avec un taux d'occupation proche de 95 à 96 %. Ce contraste aggrave les tensions dans la maison d'arrêt, où la densité dépasse largement la moyenne nationale, déjà historiquement élevée à environ 139 %.
Incidents, nuisibles et renforts réclamés
Cette saturation extrême génère de fortes tensions au quotidien. Les syndicats rapportent une multiplication des incidents de sécurité, des difficultés accrues pour gérer les mouvements des détenus, ainsi que la prolifération de nuisibles : rats, cafards et punaises de lit. Les représentants du personnel réclament des renforts humains et matériels d'urgence pour faire face à la dégradation des conditions de travail et de détention.
David Parmentier insiste sur la nécessité d'agir : « Il faut agir. La responsabilité des autorités ne peut être dissociée des alertes qui leur sont adressées ni des moyens qu'elles décident, ou non, de mobiliser. Il faut rappeler que la sécurité constitue une exigence fondamentale qui impose des décisions à la hauteur des enjeux. » Face à cette crise, les syndicats attendent des mesures concrètes des autorités pénitentiaires pour alléger la pression sur l'établissement et garantir des conditions de travail acceptables pour les agents.