Breil-sur-Roya : le maire porte plainte après les propos de Cédric Herrou
Breil-sur-Roya : le maire porte plainte après les propos de Herrou

Le maire de Breil-sur-Roya, Sébastien Olharan, a annoncé son intention de déposer une nouvelle plainte après une vidéo publiée sur Facebook par l'agriculteur militant Cédric Herrou, dans laquelle ce dernier le qualifie de « gros facho manipulateur ». Cette nouvelle procédure s'ajoute à un contentieux déjà ancien entre les deux hommes, dont l'appel doit être examiné en novembre 2026.

Une vidéo qui déclenche l'indignation du maire

Dans la vidéo, tournée depuis son tracteur, Cédric Herrou évoque les nombreux messages d'insultes et de menaces reçus après un appel à bénévoles. Il élargit ensuite son propos sur la difficulté de travailler dans les Alpes-Maritimes et assène : « Notre maire, c'est un espèce de gros facho manipulateur [sic] ». Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de Sébastien Olharan, qui a exprimé son « indignation » dans un message publié sur Facebook.

« Il est hors de question que j'accepte de me faire ainsi insulter », écrit-il, précisant avoir « porté ces propos à la connaissance de la Justice pour que soient réservées les suites qui s'imposent ». Le maire regrette également que Cédric Herrou « n'ait pas tiré de leçons de sa condamnation en première instance pour injure publique et diffamation » à son égard. « Le débat politique et la polémique n'autorisent pas tout et n'importe quoi. Il me paraît indispensable de le rappeler », ajoute-t-il.

Une plainte confirmée par le maire

Contacté par Nice-Matin, Sébastien Olharan confirme le dépôt prochain d'une plainte. Il dit ne pas comprendre « ce genre d'invective » et estime que Cédric Herrou « se moque de sa première condamnation », allant jusqu'à « entretenir sa victimisation dans ses vidéos en parlant à des gens à l'autre bout de la France ». « Qu'il me lâche et s'intéresse à quelqu'un d'autre. En attendant, je ne peux pas laisser passer ce genre de propos », lance l'élu, qui dit avoir fait preuve de patience face aux attaques répétées dont il s'estime la cible depuis plusieurs années.

Sollicité à son tour, Cédric Herrou n'a pas souhaité s'exprimer sur le fond. Il a simplement estimé que la justice et la presse « ont autre chose à faire que de s'occuper de ce genre de chose ».

Un contexte politique tendu dans la vallée

Cette sortie intervient alors que l'agriculteur militant, fondateur d'Emmaüs Roya et figure connue de la défense des migrants dans la vallée, a cosigné un peu plus tôt en septembre une tribune dénonçant les premiers mois des municipalités du Rassemblement national et de ses alliés, à Cagnes-sur-Mer, Menton et Nice. Le texte, cosigné par le militant Jonathan Gensburger et paraphé par une vingtaine d'associations, dénonce notamment la manière dont les élus concernés traitent les voix qui leur résistent. Il cite à ce titre la maire de Menton, Alexandra Masson, qui a qualifié Cédric Herrou d'« extrêmement sectaire » et de « dangereux », allant jusqu'à l'inviter à quitter la vallée.

Un contentieux judiciaire déjà ancien

Entre les deux hommes, cette nouvelle procédure s'ajoute à un contentieux déjà ancien. En 2024, Cédric Herrou avait accusé, sur le réseau social X (anciennement Twitter), le maire de Breil-sur-Roya de détourner avec l'aide de la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) un terrain à usage agricole afin de bloquer l'accès à son exploitation. Avant de le qualifier, dans un second message, de « bébé Ciotti sevré trop tard » et de « parasite gonflé d'orgueil et d'argent public ».

Sébastien Olharan avait alors porté plainte pour diffamation et injures publiques. Le procès s'était tenu en janvier 2025 devant le tribunal correctionnel de Nice, et le jugement était tombé le 27 février 2025 : Cédric Herrou avait été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis, ainsi qu'à verser 500 euros de dommages-intérêts et 1 000 euros au titre des frais de procédure. Son avocate, Sabrina Goldman, avait dénoncé une décision « attentatoire à la liberté d'expression » et annoncé faire appel. Cet appel doit être jugé en novembre 2026. La nouvelle plainte du maire, elle, va suivre son cours.