Les forces de l’ordre ont utilisé pour la première fois, ce mardi 6 octobre, des « boucliers stroboscopiques » lors de manifestations lycéennes. Ces boucliers, équipés de LED accrochés sur des écrans en plexiglas, émettent des flashs blancs et verts clignotant en continu. Selon la police, ils visent à désorienter et à maintenir à l’écart les manifestants. Toutefois, la Ligue des droits de l’Homme conteste cette fonction, y voyant un moyen d’empêcher de filmer les interventions.
Un dispositif pensé dès 2023 au ministère de l’Intérieur
Connu sous le nom de « boucliers stroboscopiques », ce dispositif n’est pas nouveau. Il a été pensé dès 2023, au ministère de l’Intérieur. Son déploiement lors des manifestations lycéennes de ce mardi 6 octobre marque une première utilisation sur le terrain, attirant l’attention des participants et des observateurs. Les flashs lumineux, visibles de loin, ont été remarqués dans plusieurs rassemblements, notamment dans les Alpes-Maritimes, où des blocages de lycées et de l’université de Carlone à Nice ont été signalés.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce une entrave à la liberté de filmer
Pour Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’Homme, « c’est censé être fait pour désorienter les manifestants mais ça sert surtout à empêcher de filmer, c’est évident ». L’association alerte également sur les problèmes sanitaires que ces flashs lumineux répétés peuvent causer pour certaines personnes. Cette critique intervient alors que les forces de l’ordre présentent ces boucliers comme un outil de maintien de l’ordre non létal, destiné à éviter les contacts directs avec les manifestants.
Des risques sanitaires soulignés par un syndicat de police
Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Unité, prévient : « C’est un dispositif qui n’est pas terrible en temps normal, mais quand on est épileptique, on a encore moins intérêt à aller au contact des policiers. » Pour la responsable, cela relève de « la responsabilité individuelle ». Ces déclarations soulignent les risques potentiels pour les personnes sensibles aux flashs lumineux, notamment les épileptiques, qui pourraient être exposées à des crises lors des manifestations.
Un contexte de mobilisation lycéenne tendue
Cette première utilisation intervient dans un contexte de mobilisation lycéenne marquée par des blocages et des tensions. À Toulon, les lycéens ont terminé leur semaine de mobilisation en reflux, avec des revendications liées au baccalauréat et à la pression scolaire. Le nouveau recteur de l’académie de Nice a également dressé un diagnostic face à la fronde de la jeunesse, évoquant des violences et des revendications. Les images de ces manifestations, marquées par des déguisements insolites et des ambiances festives, contrastent avec l’usage de ces nouveaux équipements.
L’utilisation des boucliers stroboscopiques soulève des questions sur l’équilibre entre maintien de l’ordre et droits des manifestants, alors que les critiques fusent de la part d’associations et de syndicats. Les autorités devront répondre à ces préoccupations pour clarifier l’encadrement de cet outil lors des prochaines mobilisations.