Boucliers stroboscopiques : première utilisation policière à Paris
Boucliers stroboscopiques : première à Paris

Le 6 octobre 2026, lors des manifestations des lycéens à Paris, les forces de l'ordre ont utilisé pour la première fois en France des boucliers stroboscopiques. Cette arme non létale, qui émet une lumière intense, vise à aveugler brièvement les manifestants et à empêcher la captation d'images. Son usage, bien que présenté comme une solution pour déstabiliser la foule, soulève des questions sur les risques pour la santé et la liberté d'informer.

Un dispositif lumineux pour déstabiliser les manifestants

Le principe est simple : un bouclier équipé d'une lumière si puissante qu'elle aveugle temporairement. « On ne peut pas regarder longtemps sans souffrir », explique Jérôme Gigot, secrétaire général du syndicat Vigi-Police, au Parisien. Cette technologie permet de déstabiliser les manifestants et de les empêcher d'avancer, selon nos confrères.

Pour le moment, seule la BRAV-M est autorisée à utiliser ce dispositif, mais les CRS devraient prochainement en être équipés. Chaque bouclier coûterait entre 350 et 400 euros. L'entreprise Geim, qui fournit les forces de l'ordre avec d'autres équipements, fabrique ce genre de boucliers, sans que l'on sache si c'est elle qui a fourni la BRAV-M pour son intervention mardi.

Efficacité et limites des boucliers stroboscopiques

Selon le site de Geim, le modèle qu'elle commercialise permet « un éclairement de plus de 10 000 lumens en mode stroboscopique ». Cette arme serait « très efficace lors d'interventions dites "au contact" par très fort éblouissement et perturbation de sens ». Les boucliers sont plus efficaces la nuit et émettent une lumière blanche ou verte, particulièrement aveuglante.

Cependant, cette arme ne fait pas l'unanimité. Jérôme Gigot reconnaît un risque pour les personnes souffrant d'épilepsie, car ces flashs lumineux peuvent déclencher des crises. De plus, les boucliers stroboscopiques nuisent à la qualité des images captées, ce qui pose un problème de liberté d'informer. Selon la députée Manon Aubry (LFI), « c'est une grave entrave à l'exercice de la liberté d'information ».

Des critiques sur la liberté d'informer

L'utilisation de ces boucliers intervient dans un contexte de mobilisations lycéennes parfois débordantes. Les critiques portent non seulement sur la sécurité des manifestants, mais aussi sur la capacité des journalistes à documenter les événements. La députée Manon Aubry dénonce une atteinte à la liberté d'information, tandis que le syndicat Vigi-Police souligne les risques pour les personnes sensibles à la lumière.

Alors que les CRS devraient être équipés prochainement, l'usage de ces dispositifs pourrait se généraliser lors des manifestations. Les autorités devront trouver un équilibre entre maintien de l'ordre et respect des libertés publiques.