Le rappeur Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, sera jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir harcelé en ligne Magali Berdah, agente d'influenceurs et fondatrice de Shauna Events, ont décidé des juges d'instruction mercredi 8 juillet 2026, selon des informations de sources judiciaires. Les faits reprochés s'étendent de mai 2022 à juin 2025.
Deux complices également mis en examen
Deux autres individus sont mis en examen pour complicité dans cette affaire : Grégory Zaoui, connu pour son implication dans l'affaire de fraude à la taxe carbone, ainsi qu'une ancienne collaboratrice de Magali Berdah. L'audience est prévue pour le 25 mars 2027.
Une croisade contre les influenceurs
Monument du rap depuis les années 1990, Booba s'est lancé en 2022 dans une croisade contre les influenceurs, qu'il a renommés les « influvoleurs », et leurs pratiques commerciales qu'il présente comme trompeuses. Avec l'appui de sa communauté numérique, les « pirates », il lançait des « malédictions » visant ses cibles.
Des attaques personnelles et violentes
Dans son viseur, notamment, Magali Berdah, qui compte quelque 1,8 million d'abonnés sur Instagram. Booba s'est toujours défendu de la harceler, comparant ses publications à une activité de « lanceur d'alerte ». Cependant, les juges d'instruction ont relevé qu'une partie de ses posts « visait personnellement » Magali Berdah, dénigrant son apparence physique avec des comparaisons animales ou l'attaquant sur sa religion, et publiant sur sa vie privée ou sexuelle, selon la source judiciaire.
Dans un entretien à l'AFP, Magali Berdah avait décrit la déflagration du cyberharcèlement sur sa vie comme « une mise à mort ». « Ça vous tue petit à petit, parce que vous n'arrivez plus à respirer. Cette violence est invisible à l'œil nu, du coup, les gens ne s'en rendent pas compte », avait-elle déclaré.
Une défense déterminée
Pour les magistrats, Élie Yaffa, fort de ses 5 millions d'abonnés et de sa communauté « la piraterie », était conscient de son influence sur les réseaux. En mars 2024, 28 internautes avaient déjà été condamnés pour avoir participé au cyberharcèlement de Magali Berdah.
« Nous veillerons à ce que le rappeur Booba soit condamné à hauteur de sa responsabilité : le chef de meute, c'était lui. Sans lui, le cyberharcèlement n'aurait pas eu lieu », ont réagi auprès de l'AFP Antonin Gravelin-Rodriguez et Rachel-Flore Pardo, avocats de Magali Berdah, qui voient dans ce dossier « la plus grosse affaire de cyberharcèlement qu'ait eu à connaître la justice française ».
« Je souhaite à Monsieur Yaffa d'être aussi à l'aise devant le tribunal correctionnel qu'il l'est derrière son petit téléphone de l'autre côté de l'Atlantique », a aussi ajouté Me Gravelin-Rodriguez, le rappeur résidant à Miami. Contactés, les avocats de Booba n'ont pas réagi dans l'immédiat.



