Blocus Valrose : les étudiants dénoncent des finances opaques
Blocus Valrose : étudiants dénoncent finances opaques

Entre quarante et soixante étudiants sont mobilisés ce lundi 12 octobre devant le campus Valrose à Nice. Alors que le gouvernement estime que le mouvement s'essouffle, sur la Côte d'Azur, les étudiants maintiennent la pression. Thibault Diederichs, élu au Conseil d'administration de l'Université de Côte d'Azur depuis février 2026 avec la liste du Front populaire étudiant et SPDU, l'Association publique et démocratie universitaire, explique les raisons de cet énième blocus universitaire.

Des revendications pas entendues

« C'est très compliqué de se faire entendre, donc on est obligés de hausser la voix en venant nombreux pour expliquer qu'on a des revendications qui sont claires, qui sont politiques et qu'il faudrait peut-être les prendre en compte pour améliorer les choses », dit-il à Nice-Matin. « On est quand même dans l'une des universités les plus délabrées de France, c'est compliqué d'avoir des cours dans des bonnes conditions, d'avoir des cours tout courts, bref, on a des listes longues comme le bras de revendications. Donc il s'agirait de se faire entendre », assure encore ce dernier.

Le mouvement s'inscrit dans un contexte plus large, avec des blocages également signalés aux lycées Jacques-Dolle et Léonard-de-Vinci d'Antibes, comme le rapporte Nice-Matin. Sur le campus Valrose, les étudiants dénoncent des conditions de travail et d'étude indignes, et réclament une prise en compte politique de leurs revendications.

Des bâtiments délabrés et des toilettes non rénovées depuis 1972

Côté délabrement, Thibault Diederichs explique : « sur le bâtiment M, celui des mathématiques, on a des doctorants qui voyaient des morceaux de mur tomber sur leurs élèves en cours, qui sont filmés, ce sont des choses qu'on sait. On est aussi l'une des facs les plus amiantées de France, la tour de Pasteur pour les médecines, mais aussi le campus de Carlone avec le bâtiment d'extension, qui ne sont pas aux normes, pas aux normes PMR non plus. Il y a 24 blocs de toilettes à Carlone, il n'y en a qu'un seul de rénové depuis la création du campus en 1972. On veut pouvoir étudier dans des conditions dignes. Quémander pour avoir des toilettes, ce n'est quand même pas normal. »

L'élu étudiant pointe également des finances « opaques » et des coûts jugés disproportionnés. « On nous cite des chiffres énormes, 180.000 euros pour rénover un bloc de toilettes. Je suis désolé, mais j'ai des cousins qui font ça pour moins cher. Au bout d'un moment, il faut être sérieux, si on est bloqué par nos propres appels d'offres, il faut qu'on puisse avoir des vues sur les finances de l'université qui sont très opaques. »

Une gouvernance accusée de ne pas écouter la majorité

Selon lui, la gouvernance de l'Université ne les a pas entendus : « On a été reçus jeudi dernier par la gouvernance de l'université, par le président et huit autres vice-présidents étudiants. Encore une fois, on était majoritaires […] On ne s'est pas vraiment fait entendre. Il y a eu un communiqué de la gouvernance qui était mensonger, qui s'alignait sur la position minoritaire, donc de l'extrême-droite. Paradoxal, parce qu'ils ont un élu sur 23. Par contre, ce sont eux qu'on écoute alors qu'on a une majorité simple de gauche […] C'est dommage, mais on est obligé d'en passer par là. », explique-t-il avant d'assurer qu'on est « à l'aube d'un mouvement important. Il s'agirait d'entendre raison avant qu'il soit trop tard, avant que le mouvement soit incontrôlable, même pour nous les syndicats. »

Ce nouveau blocus intervient alors que la police a récemment délogé des étudiants qui bloquaient l'accès à une faculté, et que deux campus niçois ont été fermés. Les étudiants préviennent que le mouvement pourrait s'amplifier si leurs revendications ne sont pas entendues, et appellent à un dialogue sérieux avec la gouvernance de l'université.