Les lycéens et étudiants sont de nouveau appelés à manifester ce jeudi pour l'« acte IV » de la mobilisation, alors que le gouvernement multiplie les signes d'apaisement pour tenter de mettre fin à la crise. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis, dans une allocution préenregistrée mercredi soir, que le gouvernement aura étudié les revendications d'ici à la fin octobre, avec la possibilité d'en traduire certaines dans le budget 2027 par voie d'amendement.
L'« acte III », mardi, avait été marqué par une forte mobilisation pour demander plus de moyens dans les établissements scolaires. Les manifestants avaient alors été entre 266.000 et 450.000 dans toute la France, selon les sources. Ce jeudi, les organisations étudiantes et lycéennes, qui avaient exhorté dès mardi à la poursuite de la mobilisation, ont réitéré mercredi leurs appels aux rassemblements.
Des rassemblements prévus devant les préfectures et place de la Bastille
« Le matin on bloque nos lycées et nos campus », a affirmé sur son compte X l'Union étudiante, qui appelle ensuite à des rassemblements devant les préfectures d'Île-de-France entre midi et 14 heures. « Et on se rejoint à 15 heures place de la Bastille ! », a lancé Sabrine Kharbach, porte-parole du syndicat étudiant, peu après une rencontre avec le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Cette rencontre a laissé sur leur faim les représentants d'organisations de lycéens et d'étudiants conviés.
Regrettant de n'avoir « même pas eu des miettes d'une moindre annonce », la présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Suzanne Nijdam, a promis une poursuite de la mobilisation avec « des rassemblements prévus dès » ce jeudi et « des manifestations de plus grande ampleur la semaine prochaine ».
Parcoursup au cœur du bras de fer
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l'université et la suppression de la sélection par Parcoursup. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, demander la suppression de cette plateforme « est d'une immense démagogie ». Plusieurs syndicats de l'Éducation – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – ont aussi appelé à une journée de grève et de manifestations ce jeudi, en soutien à la mobilisation des lycéens.
La mobilisation avait observé un répit mercredi, le ministère de l'Éducation faisant état d'un « net recul » à la mi-journée, avec 459 établissements connaissant une suspension totale ou partielle des cours, contre 891 mardi. Malgré ce répit, les syndicats maintiennent la pression.
Les lycéens en appellent à Matignon
Les lycéens en appellent désormais à Matignon : « nous avons des propositions chiffrées […] et c'est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec monsieur le Premier ministre Sébastien Lecornu », a déclaré Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL). Dans son allocution, le chef du gouvernement a estimé que « nul ne peut être indifférent aux angoisses » des lycéens, et que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction » de les affronter. Il a aussi promis que le gouvernement aura étudié les revendications d'ici à la fin octobre, avec la possibilité d'en traduire certaines dans le budget 2027 par voie d'amendement.
Le gouvernement espère que ces annonces suffiront à calmer la colère des lycéens, mais les organisations étudiantes promettent déjà des actions de plus grande ampleur la semaine prochaine si leurs demandes ne sont pas entendues.