Vingt-huit personnes ont été interpellées dans l'Hérault ce vendredi 2 octobre lors de tentatives de blocage de treize établissements scolaires, selon la préfecture. Les dégradations commises sur cinq lycées dépassent déjà le million d'euros, et les cours en distanciel sont maintenus dans deux lycées de Montpellier.
Un dispositif de sécurité renforcé face aux violences
Après un premier jour de mobilisation des lycéens jeudi, treize établissements scolaires de l'Hérault ont fait l'objet de rassemblements et de tentatives de blocages, « toutes déjouées par les forces de l'ordre » ce vendredi 2 octobre, indique la préfecture. Des tentatives de blocage ont eu lieu à Montpellier, Béziers, Sète, Lunel, Agde, Castelnau-le-Lez, Gignac, Pézenas et Sérignan.
Selon la préfète de l'Hérault, « de nombreux manifestants présents devant les lycées sont venus cagoulés ou visages dissimulés, et armés de projectiles et d'engins explosifs avec la volonté affichée d'en découdre avec les forces de l'ordre ». Face aux « graves troubles à l'ordre public observés localement », les forces de l'ordre ont fait un « usage proportionné de la force afin de disperser les manifestants et d'interpeller les individus porteurs d'engins pyrotechniques et d'essence utilisée pour tenter de mettre le feu aux établissements scolaires ».
28 interpellations, dont 13 à Montpellier
Au total, 28 personnes ont été interpellées, dont 13 à Montpellier, 9 à Béziers, 4 à Lunel, 1 à Pézenas et 1 à Castelnau-le-Lez. Les motifs principaux d'interpellation sont les « jets de projectiles et des coups et blessures volontaires sur les forces de sécurité ainsi que le transport d'engins explosifs en violation de l'arrêté préfectoral en vigueur ».
La préfète souligne que « cette augmentation du nombre d'interpellations est le témoignage du déchaînement de violences de certains manifestants, présents devant les lycées dans le seul but de casser, dégrader et commettre des violences à l'encontre des forces de l'ordre ». Elle ajoute que « les rassemblements sauvages observés ce matin, avec des individus venus équipés d'engins pyrotechniques et de cocktails molotov et tentant d'incendier les établissements est inadmissible et fera toujours l'objet d'une réponse ferme et déterminée de la part de l'État ».
Blessés et dégradations matérielles
Madame la préfète et Madame la rectrice condamnent « avec la plus grande fermeté les violences commises contre les forces de l'ordre ce jour ». Un gendarme a été blessé à la tête lors de l'interpellation d'un mineur transportant 2 litres d'essence vers un lycée de Pézenas, et un policier s'est blessé à la main à Montpellier.
Par ailleurs, une manifestante s'est grièvement brûlée le visage et la main en tentant de mettre le feu à un aérosol à proximité du lycée Louis-Feuillade à Lunel. Elle a été prise en charge rapidement par les sapeurs-pompiers et évacuée vers le centre hospitalier de Montpellier.
Le coût des dégradations constatées sur les lycées Jules Guesde, Léonard de Vinci, Jean-Mermoz, Pierre-Mendès France et Joliot-Curie (Sète) dépasse d'ores et déjà le million d'euros.
Mesures reconduites et cours à distance
Pour les prochains jours, la préfète de l'Hérault reconduit l'arrêté préfectoral d'interdiction de port d'équipements de protection individuels à Montpellier, Lattes, Agde, Sète, Béziers, Sérignan, Castelnau-le-Lez, Lunel et Gignac. De plus, un arrêté d'interdiction de port et de transport d'engins pyrotechniques et de liquides inflammables, en vigueur pour la journée du 2 octobre, est reconduit pour les journées du 4 et 5 octobre en raison de l'usage constaté de ces engins dans les affrontements avec les forces de l'ordre et dans la dégradation des établissements scolaires.
Les enseignements sont maintenus en distanciel dans les lycées Mermoz et Mendès-France à Montpellier. Les élèves de ces lycées doivent demeurer à leur domicile et suivre les cours à distance. De plus, il est interdit de se rassembler à proximité des établissements où l'enseignement se fait en distanciel, toute violation de cette mesure constituerait un attroupement.