Blocus lycéens : la préfète de l'Hérault promet la fermeté
Blocus lycéens : la préfète promet la fermeté

Ce mardi 6 octobre, la mobilisation lycéenne a rassemblé environ 10 000 personnes à Montpellier, selon les organisateurs, mais la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, estime la participation à 8 000 participants. La journée s'est terminée dans la confusion avec des charges de police et l'usage de gaz lacrymogène. La préfète confirme au moins deux interpellations et précise que les forces de l'ordre ont dû disperser un groupe d'environ 2 500 individus qui s'était désolidarisé du cortège.

Une manifestation globalement calme, perturbée par un groupe isolé

Interrogée par Midi Libre à 17 h 30, Chantal Mauchet indique qu'aucune dégradation majeure n'a été signalée en zone police ou gendarmerie pour cette journée. « Sur Montpellier, j'ai une estimation à 8 000 participants et le défilé s'est déroulé dans le calme », affirme-t-elle. Toutefois, un groupe d'environ 2 500 personnes s'est regroupé devant le centre commercial du Polygone, lançant des projectiles à plusieurs reprises.

La préfète justifie l'intervention des policiers : « C'est l'intervention en cours des policiers pour qu'ils puissent disperser avec le moins de violence possible des individus le visage dissimulé et qui ont jeté des projectiles à plusieurs reprises. » Elle confirme l'usage de gaz lacrymogène et des sommations, précisant que « les policiers n'ont pas donné l'assaut gratuitement, il y avait des individus particulièrement hostiles et ils ont stoppé dès que de la distance a été prise par ces manifestants ».

Un mouvement qui prend de l'ampleur dans le département

La préfète reconnaît que le mouvement s'étend. Jeudi dernier, 14 établissements étaient bloqués dans l'Hérault, avec des dégradations graves et des inquiétudes parmi les chefs d'établissement et les élèves. « Vendredi, c'était un peu mieux », note-t-elle, ajoutant que le dispositif est ajusté en lien avec la rectrice et l'inspecteur d'académie. Des mesures administratives sont prises pour les lycées fermés en raison de dégradations ou de risques d'intrusion.

Concernant les fermetures prévues ce mercredi, Chantal Mauchet indique ne pas encore pouvoir se prononcer. Le Premier ministre a annoncé la réouverture des lycées pour des temps de « démocratie interne », selon ses mots, jusqu'à la fin de la semaine. Les élèves sont invités à rejoindre leur établissement pour des échanges sur le temps scolaire.

Des casseurs majoritairement mineurs, mais des adultes virulents

Interrogée sur les profils des casseurs, la préfète répond qu'ils ont le visage dissimulé, mais précise que « 60 à 70 % » des interpellés sont des mineurs, aux côtés de « personnes extérieures, majeures, virulentes, qui n'ont rien à faire là ». Elle rappelle que les procureurs ont fait preuve de fermeté et que « les parents sont aussi civilement responsables des dégâts de leurs enfants mineurs ».

La consigne donnée aux forces de l'ordre est claire : « Être ferme avec des casseurs qui n'ont rien à voir avec l'expression des messages des lycéens. » Le mot d'ordre, selon elle, est de « protéger tout le monde, les lycéens et agir très fermement contre ceux qui mettent en péril les personnes et les biens ».

Une plainte pour violences policières, la préfète appelle au calme

Une étudiante de 17 ans, souffrant d'une double fracture au visage, a annoncé son intention de déposer plainte après un coup de matraque reçu vendredi à Montpellier. Chantal Mauchet déclare ne pas avoir cette information, mais assure que « les policiers, c'est leur attention de chaque instant d'être professionnels, précis, attentifs à leurs gestes ». Elle ajoute que toute plainte donnera lieu à une enquête supervisée par le procureur.

Réagissant aux slogans hostiles aux policiers dans les cortèges, elle déplore ce clivage : « Les policiers sont là pour rétablir l'ordre, le maintenir et préserver la sécurité de tous. » Elle conclut en appelant au calme, soulignant que le dialogue est possible avec les temps de démocratie interne et espère « une fin de semaine plus apaisée ».