Blocus lycéens à Antibes : qui sont les adultes en brassard blanc ?
Blocus lycéens à Antibes : les adultes en brassard blanc

Depuis le début des blocus lycéens à Antibes, des adultes en brassard blanc se mobilisent pour protéger les élèves et soutenir leurs revendications. Ce jeudi 8 octobre 2026, devant le lycée Jacques-Audiberti, militants, enseignants et citoyens se sont rassemblés aux côtés des lycéens pour une nouvelle journée de protestation. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est également présente pour veiller au bon déroulement des événements.

Des adultes en vigie pour sécuriser les rassemblements

Rémy, un participant au brassard blanc et keffieh autour du cou, explique : « Des messages ont circulé sur les réseaux sociaux invitant à porter un brassard blanc pour s’identifier comme citoyens ou parents d’élèves. » Ces adultes viennent en vigie pour protéger les adolescents. « Je suis venu à l’appel de certains lycéens, que nous connaissons, afin de veiller au bon déroulement du rassemblement et d’assurer la sécurité des personnes et des biens », confirme-t-il, les yeux posés sur la foule.

Présente dès 7h30, l’ambiance affichait une joie et un espoir renouvelés, loin des sévères débordements de la semaine passée. Autour d’un jeune déguisé en requin, les slogans ont fusé, répondant aux fumigènes colorés jusqu’en fin de matinée. Le blocus ne s’est pas éternisé : en milieu de matinée, élèves et forces de l’ordre avaient déjà quitté les lieux.

La LDH en observation pour documenter les événements

Un peu en retrait, debout sur un terre-plein, Jean-Paul Sozedde, président de la section Antibes Sophia de la LDH, et sa consœur s’assurent d’être « témoins » depuis le début des revendications fin septembre. Ils ont troqué le brassard pour la chasuble blanche siglée LDH. « Lors du tout premier rassemblement, nous étions trois ou quatre membres sur place, fait savoir Jean-Paul Sozedde. La situation était très différente : une vingtaine de policiers lourdement équipés exerçaient une pression impressionnante sur le groupe. »

Pour le duo, leur rôle intervient justement ici : « Nous observons le déroulement des événements, nous prenons des photos si nécessaire et nous pouvons solliciter des avocats en cas d’abus. » Une présence qui n’est pas sans risque. Jeudi 1er octobre, Baptiste, l’un de ces citoyens habitués des rassemblements, affirme au téléphone avoir passé 26 heures en garde à vue pour « participation à une manifestation avec l’intention de commettre des violences ». « Ce n’était pas justifié », estime le militant, qui se dit avoir été arrêté « arbitrairement ».

Des enseignants solidaires et admiratifs

Derrière les vitres d’Audiberti, quelques-uns des 150 élèves venus suivre les cours observent le blocus. « Un Conseil de la vie lycéenne, pour échanger entre élèves et personnels de l’établissement, est prévu ce vendredi », fait savoir la proviseure. Pas trop tôt, lancent certains professeurs au pied du bâtiment. Ces derniers soutiennent avec force leurs élèves : « Leurs revendications sur le manque de moyens sont exactement les nôtres ; voilà des années que nous nous battons pour cela. »

Jusqu’à forcer l’admiration des adultes. « Nous sommes sincèrement satisfaits et même admiratifs de leur mobilisation, siffle l’un d’eux. En espérant qu’elle crée un électrochoc dans la société. »