Blocus lycée Jean-Vigo : les élèves maintiennent la pression
Blocus lycée Jean-Vigo : les élèves maintiennent la pression

Ce lundi 12 octobre, plusieurs dizaines de lycéens ont bloqué l'accès au lycée Jean-Vigo de Millau, en Aveyron, pour protester contre les réponses du gouvernement. Le député Jean-François Rousset, venu à leur rencontre, n'a pas réussi à apaiser la colère. Les élèves entendent poursuivre le mouvement toute la semaine, notamment en rejoignant la grève nationale de mardi.

Une mobilisation contre le manque de personnel

Jeudi dernier, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements les plus touchés. Mais à Jean-Vigo, plusieurs postes restent vacants, dont un proviseur adjoint, un professeur de BTP et des assistants d'éducation.

« Ils nous ont remplacé un proviseur adjoint, mais ils l'ont pris dans un collège et il n'a pas la formation pour. Les propositions du ministre ne servent à rien, c'est juste pour faire retomber le mouvement, c'est du foutage de gueule », dénonce Julie, lycéenne participant au blocus. Les manifestants réclament aussi l'abrogation de Parcoursup, jugé contraire à « l'égalité des chances », et dénoncent les journées de 8 heures à 18 heures.

Le député Rousset sur le terrain, des réponses jugées insuffisantes

Jean-François Rousset, député de la troisième circonscription de l'Aveyron, a rencontré les élèves, alors qu'il devait initialement échanger avec les enseignants. Les réponses de l'élu n'ont pas convaincu. « Il ne parle pas de nos revendications. Il revient sur son expérience, celle de sa génération, et fait digression sur digression, sans que cela mène à rien », regrette Thomas. « Il dit qu'on veut réformer Parcoursup, alors que nous, on est pour son abrogation », ajoute Malia.

Dalila Belaid Artis, professeure des écoles et militante de Sud Solidaires, venue soutenir la mobilisation, partage ce constat : « C'est de l'esbroufe complète. Il a un beau discours et, derrière, il vote un budget d'austérité. C'est une bonne chose de venir voir les lycéens, mais certains disent ne pas avoir eu l'impression d'être vraiment écoutés. » Interrogé sur les votes de son groupe, Les Républicains, Jean-François Rousset rappelle que son parti n'est pas majoritaire : « On fait ce qu'on peut en maintenant le financement de l'Éducation nationale. Le budget n'est pas idéal, mais le groupe s'engage pour la jeunesse : c'est notre pépite. »

Des échanges avec les enseignants et une semaine de mobilisation

Après cet échange, l'élu s'est rendu dans l'établissement pour discuter avec les enseignants, qui ont fait remonter leurs difficultés d'organisation. « Nous allons aussi lui poser des questions sur le prochain budget, et voir s'il peut agir auprès du rectorat pour nous apporter des réponses », explique Michel Rhin, professeur de mathématiques.

La mobilisation s'est déroulée dans le calme, malgré un accrochage entre un membre du personnel et des élèves, lorsque le premier a tenté de rompre la chaîne humaine formée devant l'établissement. Les forces de l'ordre sont intervenues pour retirer les barricades. « On essaie d'être pacifiques, on ne va pas brûler les poubelles, mais le fait qu'un membre du personnel brise la chaîne humaine, c'est très symbolique », souligne une manifestante. Les lycéens entendent poursuivre le mouvement tout au long de la semaine, en se joignant notamment à la grève nationale de plusieurs secteurs professionnels prévue ce mardi.