Blocus au lycée Jean-Baptiste-Dumas à Alès : sit-in et poubelle en feu
Blocus au lycée Jean-Baptiste-Dumas à Alès : sit-in et feu

Ce jeudi 8 octobre, dès 8 heures, le blocus du lycée Jean-Baptiste-Dumas à Alès a repris. Des lycéens mobilisés ont installé des poubelles devant les entrées de l'établissement, sous le regard des forces de l'ordre. Le mouvement, qualifié d'« acte IV » par certains participants, s'est transformé en sit-in avant qu'une poubelle ne soit incendiée peu après 9 heures.

Un blocus dès 8 heures sous surveillance

Sur le chemin du lycée Jean-Baptiste-Dumas, dans le centre-ville d'Alès, plusieurs lycéens avançaient d'un pas décidé. Les forces de l'ordre étaient déjà sur place, tandis que les pompiers se tenaient en retrait. La veille au soir, depuis Matignon, le Premier ministre avait annoncé que les premières décisions du Gouvernement concernant les lycées seraient présentées à la fin du mois d'octobre. À Alès, aucun jeune ne prêtait attention à ces annonces.

Avant le début du blocus, les élèves qui le souhaitaient pouvaient encore entrer dans l'établissement. Mais presque à 8 heures pile, les premières poubelles ont été installées devant les entrées. Quelques lycéens sont ressortis, et le rassemblement a pris forme. Au milieu du groupe, un jeune a lancé : « On n'est pas des casseurs ». Les personnels de l'établissement observaient attentivement les élèves rassemblés, et des syndicalistes étaient également présents. La veille, la FSU, la FNEC FP FO, la CGT Educ'action et SUD Éducation avaient appelé à soutenir les revendications lycéennes, notamment pour de meilleures conditions d'études et davantage d'égalité.

Un sit-in au son des pétards

Les prises de parole ont commencé sporadiquement au mégaphone. « On bloque tout, pour les bonnes causes, on a des revendications », a lancé un lycéen. Un jeune est ensuite arrivé avec un bicorne de Napoléon, sous les applaudissements. Un anniversaire a même été souhaité au micro. « On est le lycée JBD. On est des hommes, on sait ce qu'on fait. On est des femmes aussi », a lancé l'un des meneurs autoproclamés.

Il était 8 h 15 lorsque le blocus s'est transformé en sit-in, au son de quelques pétards erratiques. Un tag ACAB est apparu, et plusieurs téléphones se sont levés pour filmer la scène. À 8 h 30, certains commençaient déjà à s'interroger : fallait-il rentrer ? Un petit groupe s'est rassemblé derrière l'établissement, où quelques poubelles bloquaient l'accès donnant sur la route. La situation restait calme.

Une poubelle en feu devant l'établissement

Derrière l'établissement, Quai du 11 novembre 1918, les lycéens ont notamment laissé passer un membre du personnel. Quelques klaxons de soutien ont retenti, tandis que la majorité des automobilistes poursuivait son chemin. « C'est fermé, malheureusement tu ne pourras pas rentrer aujourd'hui », a prévenu avec humour un lycéen à l'un de ses camarades. Peu avant 9 heures, un jeune a repris le micro : « Je vous conseille de venir, pour nous donner de la force. »

Peu après 9 heures, des jeunes ont ramené une poubelle et y ont mis le feu devant l'établissement. La mobilisation se poursuit, alors que les annonces du Gouvernement sur les lycées ne sont attendues que pour la fin du mois d'octobre.