Le bidonville de l'avenue de Maurin, au sud de Montpellier, a été expulsé ce jeudi 28 août au matin. Selon la Ville et la préfecture, les 80 personnes recensées sur le site fin février se sont vu proposer des solutions de relogement. Cependant, les habitants arrivés ces six derniers mois n'ont pas bénéficié de ces offres.
Une expulsion sous haute surveillance
Au milieu de nombreuses carcasses de voitures, de cabanes, de frigos, de pneus, de tentes éventrées et d'objets par milliers au sol, il ne restait plus qu'une poignée d'habitants lors de l'expulsion. Le site avait été en grande partie abandonné. Après que le courant a été débranché par les équipes d'Enedis, les CRS sont arrivés à 9 heures pour évacuer les lieux, "occupés depuis au moins deux ans et demi", selon une bénévole.
Sur place, on était loin des 80 personnes recensées en janvier. Un comptage des habitants a été effectué par un huissier de justice, avec l'aide de bénévoles d'associations. Les situations personnelles ont été recensées.
Solutions de relogement et accompagnement social
Selon la Ville et la préfecture, des solutions de relogement ont été proposées à toutes les personnes recensées sur le site le 28 février, soit six mois avant l'expulsion. Elles bénéficient également d'un accompagnement social. Mais selon l'association Area, d'autres personnes sont arrivées après cette date, représentant "cinq ménages, soit treize adultes et quatre enfants, dont trois de moins de trois ans". Les bénévoles s'activaient au téléphone pour leur trouver un hébergement d'urgence pour les nuits suivantes.
Des familles étaient là depuis longtemps
Ce jeudi, des salariés d'Area étaient en grève devant le site pour dénoncer "des solutions insuffisantes et inadaptées à leurs besoins". Ils mettaient en garde contre "la formation d'un nouveau bidonville". "J'habite ici depuis trois mois, tout au fond, confiait une jeune femme en montrant l'extrémité du terrain. Mais d'autres familles étaient là depuis longtemps. Des enfants ont grandi ici."
Pendant que deux hommes entassaient à la hâte des câbles en cuivre dans un fourgon, les carrosseries de voitures ont été soulevées par d'énormes pinces et projetées dans des bennes. Des croix jaunes étaient tracées sur les cabanes destinées à être détruites. Il faudra des semaines pour nettoyer le site.



