Paul-Félix Benedetti, leader du parti indépendantiste Core in Fronte et maire de Sartène (Corse-du-Sud), a été mis en examen vendredi 2 octobre pour des « violences volontaires » suspectées d’avoir été commises en juillet sur sa compagne, a annoncé la procureure de la République d’Ajaccio, Fanny Floquet. Il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec la victime et de se présenter à son domicile.
Une enquête ouverte après un signalement des professionnels de santé
Le 2 juillet, une enquête de flagrance avait été ouverte après la prise en charge de la victime en établissement médical. L’intervention de la gendarmerie avait été « immédiatement sollicitée au regard d’une forte suspicion de violences conjugales », selon le parquet d’Ajaccio. La victime n’avait « pas déposé plainte et ne souhaitait pas désigner, en procédure, le mis en cause », précise la procureure, qui souligne que le signalement par les professionnels de santé est une procédure prévue pour prévenir les violences intrafamiliales.
Convoqué par un juge d’instruction d’Ajaccio, Paul-Félix Benedetti a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas huit jours, en l’espèce quatre jours, avec cette circonstance que les faits ont été commis par le concubin de la victime » à Sartène, indique Fanny Floquet. Il est également poursuivi pour avoir « refusé de donner le code de déverrouillage de son téléphone lors d’un placement en garde à vue, rapidement levée pour motif médical ». Les investigations se poursuivent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 6 juillet.
Un élu influent, des faits contestés par la défense
En mars dernier, M. Benedetti a été élu maire de Sartène, la plus grande commune de Corse en superficie et la sous-préfecture de Corse-du-Sud. Il est également président du groupe indépendantiste Core in Fronte, qui compte 6 des 63 sièges de l’Assemblée de Corse. Son avocate, Me Aljia Fazai, affirme que « les faits sont contestés » et « qu’il n’a pas commis de faits de violence sur sa compagne ». Dénonçant une procédure « politique », elle assure que « une fois que la compagne sera entendue, nous déposerons une demande de démise en examen et puis ensuite nous ferons une requête en annulation ».
Un passé judiciaire marqué
En 2021, M. Benedetti avait été relaxé par la cour d’appel de Bastia pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique datant de septembre 2018, mais reconnu coupable pour des faits d’outrage à personne dépositaire d’autorité et refus de se soumettre. Une amende de 5 000 euros lui avait été infligée. Il avait également été reconnu coupable pour son refus de se soumettre aux prélèvements ADN et condamné à une autre amende de 1 500 euros. La procédure en cours pourrait avoir des répercussions sur ses fonctions électives, mais aucune décision n’a été annoncée à ce stade.